Le détail  des conférences— débats organisées par AGORA à ORANGE depuis 1989

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Carole Talon-Hugon, professeur  de philosophie à l’Université de Nice-Sophia Antipolis et  directrice du CRHI (Centre de Recherches en Histoire des Idées), est spécialiste de l’esthétique, des théories de l’affectivité et de l’histoire de la philosophie classique (17ème siècle en Europe). Elle a également travaillé sur la pensée de Michel Henry.

Ses principaux ouvrages :

       -     Les passions rêvées par la raison. Essai sur la théorie des passions de Descartes et de quelques  uns de  ses contemporains, (Vrin, 2002)

- Goût et dégoût. L’art peut-il tout montrer ? (Jacqueline Chambon, 2003)

- Les Passions (Armand Colin, 2004)

- L’Esthétique (PUF, Que sais-je ? 2004)

- Avignon 2005. Le conflit des héritages. (du Théâtre, hors-série n°16, juin 2006)

· Morales de l’art (PUF, 2009)

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Argument de sa conférence : 

   On considère volontiers que l’art n’a rien à voir avec la morale et que ses œuvres ne peuvent être jugées d’un point de vue éthique. Un certain nombre d’oeuvres, notamment contemporaines (pensons par exemple au Piss Christ, de Serrano, à Plateforme de Houellebecq, à Lego Concentration Camp Set de Zbigniew Libera, ou aux plastinisations de cadavres de Von Hagens) obligent toutefois à reconsidérer cette affirmation d’une immunité éthique de l’art. On abordera ce sujet délicat en analysant à la fois les principaux arguments qu’on trouve dans les discours d’accusation de ces oeuvres transgressives et les réponses apportées à ces accusations.

Jean-Marc Ghitti est professeur  de philosophie au lycée Léonard de Vinci de Monistrol-sur-Loire et professeur de philosophie de l’éducation à l’IUFM du Puy-en-Velay. Chargé de cours à L’Ecole d’Architecture de Clermont-Ferrand, il est également  formateur dans un organisme de formation de travailleurs sociaux. Il préside  Présence Philosophique au Puy , association de promotion de la philosophie auprès du public et des professionnels. Dans ce cadre il a organisé, en 2009, en partenariat avec la ville du Puy, le programme du centenaire de la naissance de Simone Weil.

 

Ses principaux ouvrages :

La parole et le lieu, topique de l’inspiration, éditions de Minuit.

La séparation des familles, éditions du Cerf, 2003.

L’Etat et les liens familiaux,  éditions du Cerf, 2004.

Pour une éthique parentale, éditions du Cerf.

L’écriture des pins, roman, Escampette, 2005.

Présence au Puy de Simone Weil, une inspiration dans la ville, PPP, 2009.

Vabero, roman, éditions du Roure, 2009.

Pour une réforme de la justice familiale, éditions du Cerf, 2010.

 

Argument de sa conférence :

    Simone Weil nous a laissé une œuvre presque entièrement posthume. A l’occasion du centième anniversaire de sa naissance, beaucoup en ont découvert la profondeur. Elle constitue un des grands événements philosophiques du vingtième siècle. Cependant, Simone Weil ne s’est pas contentée d’écrire : durant sa courte existence, elle a voulu vivre en philosophe. Quelle idée se faisait-elle de la vie philosophique au vingtième siècle ?

Danielle Cohen-Levinas est philosophe, musicologue et poète.  Professeur à l’université Paris IV Sorbonne – spécialiste de l’idéalisme musical allemand, de l’opéra et de la philosophie de la musique – et chercheur associé aux Archives Husserl de Paris à l’ENS,  elle a publié de nombreux essais et articles et coordonné de nombreux ouvrages consacrés à la musique, à la philosophie contemporaine et à la philosophie juive. Elle a créé en 1998 le Centre d’esthétique, musique et philosophie contemporaine à l’université Paris IV Sorbonne et en 2008, le Groupe d’études et de philosophie juive.

Ses principaux ouvrages :

 Des notations musicales : frontières et singularités, L’Harmattan, 1996.

 La création après la musique contemporaine, L’Harmattan 1998

 Causeries sur la musique, L’Harmattan, 1998.

 Le présent de l’opéra au XXè siècle – Chemins vers les nouvelles utopies, Kimé, 2001

 Le Style et l’Idée d’Arnold Schoenberg, nouvelle édition établie et préfacée par Danielle Cohen-Levinas,      Buchet/Chastel, 2002. Précédé d’une étude : Prolégomènes au Style et à l’Idée musicale.

. Un bruit dans le bruit, poésie, Mercure de France, 2004

 Le soleil est grammatical, poésie, Mercure de France, 2004

 La tristesse du Roi, poésie,  Mercure de France, 2004

 Emmanuel Levinas, Pour une philosophie de l’hétéronomie (dir.), Bayard, 2006

.  La voix au-delà du chant, une fenêtre aux ombres, édition augmentée, Vrin, 2006

 Levinas et les théologies (co-dir. Shmuel Trigano), In Press, 2007

 Les territoires de la pensée (co-dir. Bruno Clément), Puf, 2007

 Temps historique, temps messianique, revue Lignes, octobre 2008

 Levinas / Derrida : lire ensemble, co-édité Marc Crépon, Hermann, 2010 (à paraître)

 L’impatiences des langues, co-écrit avec Gérard Bensussan, Hermann, 2010 (à paraître).

 L’inouï, Hermann, 2011 (à paraître).

Argument de sa conférence :

   Parler de philosophie juive ne va pas de soi. Il convient donc de s’arrêter sur le lien étroit et fécond que porte l’expression « philosophie juive ». Il y va d’une discontinuité historique, d’une tension irréconciliable, dont les textes canoniques - de Philon d’Alexandrie, en passant par Maïmonide, puis toute la tradition de la philosophie juive allemande, jusqu’à Levinas, et dans une moindre mesure, Derrida - sont porteurs. On examinera cette discontinuité entre philosophie et judaïsme, afin de montrer comment l’un l’autre se travaillent ensemble de manière à la fois spécifique et irréductible. De sorte que la pensée juive, confrontée à ses « dehors » - comme la métaphysique, la philosophie morale et politique, la phénoménologie – devient une des figures éloquentes du devenir de la philosophie moderne et contemporaine.

Cédric Lagandré, 37 ans, est professeur de philosophie dans la région parisienne. Ancien collaborateur de la revue Mouvements, il s’intéresse particulièrement aux dérives de la société contemporaine.

Ses principaux ouvrages :

- L’Inspiration des Grecs, L’Harmattan, 2000

- François-Xavier Courrèges, Archibooks, 2007

- La Société intégrale, Climats/Flammarion, 2009

- L'Actualité pure, essai sur le temps paralysé, PUF, 2009

Argument de sa conférence :

   Le pouvoir constitue les individus sur lesquels il s'exerce. Encore faudrait-il dire ici les pouvoirs, s'ils n'ont pas encore pris de forme politique. Car le politique est la tentative pour emprisonner dans le symbole, commun, public, visible de tous, ces pouvoirs sauvages que les hommes exercent les uns sur les autres. Sous sa forme démocratique, il soumet directement la légitimité du pouvoir au consentement d'individus constitués comme sujets de jugement. Mais les structures démocratiques paraissent aujourd'hui caduques : d'un côté l'instruction publique n'existe plus, qui tâchait de donner lieu à des sujets politiquement concernés, si bien que de l'autre, les individus sont abandonnés à des dispositifs d'homogénéisation et de mise sous tutelle d'un genre très nouveau. Tocqueville en avait fait la prédiction : un pouvoir « prévoyant et doux », annonçait-il, qui ne cherche qu'à "fixer irrévocablement" les hommes "dans l'enfance", qui "aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne pensent qu'à se réjouir", et dont ils attendent qu'il leur ôte entièrement "le trouble de penser et la peine de vivre". Or l’enfant est un despote, s'il ne se voit pas lui-même. Il est aussi un fou, s'il ne sait dialoguer. Et il est déjà vieux, s'il court-circuite à jamais l'âge adulte.

Marwan Rashed, 39 ans, est professeur de grec ancien, de paléographie byzantine et d'histoire de la philosophie grecque et arabe à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm. Editeur du texte grec d'Aristote, il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur la philosophie et la littérature anciennes.

 

Ses principaux ouvrages :

- Aristote. De la génération et de la corruption. Édition, traduction et commentaire,  

 Les Belles Lettres, 2005 [Prix Raymond-Weil  2006 décerné par l’Association des Études Grecques]

- L’Héritage aristotélicien. Textes inédits de l’Antiquité, Les Belles Lettres, 2007

- Essentialisme. Alexandre d’Aphrodise entre logique, physique et cosmologie,

   Walter  de Gruyter, 2007

- Les Grecs, les Arabes et nous. Enquête sur l’islamophobie savante

   (co-dir. avec Philippe Büttgen, Alain de Libera et Irène Rosier-Catach), Fayard, 2009

 

Argument de sa conférence :    

      A l'heure où se multiplient les discours alarmistes sur l'existence d'une "fracture" entre les deux bords de la Méditerranée, on reviendra sur le legs historique commun, sur le rôle controversé de la Grèce, et sur la possibilité d'un vivre ensemble aujourd'hui.

   Franck Fischbach : Professeur de philosophie politique à l'Université de Nice-Sophia Antipolis. Historien de la philosophie allemande moderne, il est aussi spécialiste de philosophie sociale et politique.

 

Ses principaux ouvrages : 

-Manifeste pour une philosophie sociale, La Découverte, 2009, 

-Sans objet. Capitalisme, subjectivité, aliénation, Vrin, 2009,

-Marx. Relire Le Capital, PUF, 2009, 

-La production des hommes. Marx avec Spinoza,PUF, 2005, 

-L’être et l’acte. Enquête sur les fondements de l’ontologie moderne de l’agir, Vrin, 2003.

 

« La critique sociale  est une dimension essentielle et constitutive de la « philosophie sociale ». Or depuis le début des années 2000  certains (Boltanski) ont cru pouvoir diagnostiquer un épuisement de la critique. D'autres, tel Rancière, considèrent la critique sociale comme définitivement compromise en raison des formes réactionnaires ou défaitistes qu'elle a prises ces 20 dernières années. On se demandera dans quelle mesure ces critiques de la critique sociale sont pertinentes et quelle transformation de la critique serait susceptible d'en permettre la relance. »

Jean-Pierre Obin : Ingénieur de l’Ecole Centrale de Lille, Docteur de spécialité en mécanique des solides et Docteur ès Lettres et Sciences humaines, il a exercé de nombreuses fonctions, notamment au Ministère de l’Education nationale, au CNDP et auprès de Robert Chapuis, Secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement technique. Inspecteur Général de l’Education nationale (1990-2008), professeur associé à l’IUFM de Lyon (1993-2008), il est actuellement expert associé au Centre International d’Etudes pédagogiques.
 

Ses ouvrages les plus récents :

La Carte scolaire (avec Agnès Van Zanten), Que-sais-je ? PUF, 2008 ; Enseigner, un métier pour demain. Rapport au Ministre de l’Education nationale, La Documentation française, 2003 ; L’école contre la violence. (dir.) Lyon, SCEREN-CRDP, 2003 ; Questions pour l'éducation civique : former des citoyens. (dir.), Hachette Éducation, 2000 ; Immigration et intégration (avec Annette Obin-Coulon), Hachette Éducation, 1999 ; La formation des enseignants sur le terrain. (co-dir. avec Alain Bouvier) Hachette Éducation, 1998 ; La face cachée de la formation professionnelle. Préface de Martine Aubry, Hachette Éducation, 1995.

Michaël Foessel est Maître de conférences à l’Université de Bourgogne. Spécialiste de philosophie allemande et de philosophie politique, il est l’auteur  de : Anthologie Paul Ricoeur, Points-Essais, Seuil  2007, Kant et l’Equivoque du monde, CNRS éditions 2008, La privation de l’intime, Seuil 2008, Kant (avec R. Enthoven),  Perrin, 2009, État de vigilance, Le bord de l'eau, 2010.

Dans sa conférence il développera la différence entre intime et intimité, en montrant que l'intime est un lien qui situe le je face au monde plus encore que face à lui-même. 

Gwenaëlle Aubry est philosophe et romancière. Chargée de recherche au CNRS elle enseigne la philosophie à l’Université de Paris-IV-Sorbonne. Elle est spécialiste de l’histoire de la philosophie antique et médiévale, des réceptions modernes et contemporaines du néoplatonisme, de l’histoire de la notion de puissance et de la notion de moi. Romancière, elle a publié notamment : L'Isolée, Stock 2002, Notre vie s'use en transfigurations, Actes Sud 2007  et  Personne, Mercure de France (Prix Femina 2009). Elle a également adapté pour France Culture La mort de Virgile d’Hermann Broch. Philosophe, elle a fait paraître notamment : Plotin. Traité 53 (I, 1), Cerf 2004, Dieu sans la puissance : Dunamis et Energeia chez Aristote et chez Plotin, Vrin 2007, Le moi et l’intériorité (dir  avec Frédérique Ildefonse), Vrin 2008.

Dans sa conférence  elle abordera les questions de la différence entre l'intimité et l'intériorité, de l'impersonnel, ou encore du moi virtuel : ceci, dans un va-et-vient entre son travail philosophique et son travail littéraire et en vue de dégager, à partir d'une perspective philosophique, quelque chose comme une définition du sujet de la littérature

Eric Deschavanne, est professeur de philosophie, chargé de cours à l’Université Paris-IV-Sorbonne et membre permanent du Conseil d’Analyse de la Société. Il a été rapporteur de la Commission sur l’avenir de l’école (Commission Thélot) et membre du Cabinet de Luc Ferry (2002-2004). Il anime à la Sorbonne avec Pierre-Henri Tavoillot  le Collège de philosophie.

 

Ses principaux ouvrages :

- avec François Dubet et Olivier Galand : Comprendre « les jeunes », PUF, 2004,

- avec Pierre-Henri Tavoillot, Le développement durable de la personne. Pour une nouvelle politique des âges de la vie, La Documentation française, 2006,

- avec P.-H. Tavoillot, Philosophie des âges de la vie, Grasset, 2007 et Hachette Littérature, 2008,

- Le deuxième humanisme – Introduction à la pensée de Luc Ferry, Germina, 2010.

Argument de sa conférence :

   Qui, de nos jours, veut encore « faire son âge » ? Les enfants sont adolescents de plus en plus tôt, les jeunes le restent de plus en plus tard, les adultes rechignent à quitter leur jeunesse et les personnes âgées n’aspirent qu’à en connaître une seconde…Alors que la vie est plus longue et plus sûre que jamais, les étapes qui en rythmaient autrefois le cours semblent aujourd’hui confuses, reflétant l’ébranlement profond de l’idée même de maturité.

   L’examen des grands philosophes du passé permet de mettre en lumière les nombreuses métamorphoses de l’idéal de la maturité adulte. Il se pourrait qu’une ultime recomposition s’opère sous nos yeux : la maturité, devenue « maturescence » ne désigne plus un état stable, mais un processus indéfini par lequel nous gagnons en expérience, responsabilité et authenticité. Bref l’adulte n’est pas mort et sa cause mérite d’être défendue.

Les conférences en détail

2010– 2011