Le détail  des conférences— débats organisées par AGORA à ORANGE depuis 1989

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Florence Burgat est philosophe. Directrice de recherche à l'INRA elle a consacré sa thèse à la définition de l'animalité dans la philosophie occidentale moderne et contemporaine. Elle a publié sur ce thème Animal, mon prochain (Odile Jacob, 1997, prix de philosophie de l’Académie française). Elle s'est intéressée à la condition des animaux dans notre société (L'Animal dans les pratiques de consommation, PUF, 1995, La Protection de l'animal, PUF, 1997 ; avec la collaboration de Robert Dantzer : Les animaux d'élevage ont-ils droit au bien-être ? éditions de l'INRA 2001 et L'Animal dans nos sociétés, dossier réalisé pour les éditions de La Documentation française, revue Problèmes politiques et sociaux, n° 896, janvier 2004). Elle travaille actuellement sur les approches phénoménologiques de la vie animale (Liberté et inquiétude de la vie animale, Kimé, 2006 ; Comment penser le comportement animal? Contribution à une critique du réductionnisme, ouvrage collectif à paraître en 2009). Prise de notes en conférence

    Dans la philosophie occidentale moderne l’animal désigne l’être privé de tous les attributs qui sont censés caractériser l’humain : l’âme, la raison, la conscience, le langage, le monde…

      Les approches phénoménologiques ont renouvelé en profondeur le regard porté sur la vie animale et sur le comportement animal. C’est en effet en partant de l’animal comme « corporéité animée », et en considérant son comportement comme la manifestation de la vie en lui, qu’un tout autre regard s’est mis en place. La reconnaissance de la liberté et de l’inquiétude, du fait du mouvement spontané, de la perception et de l’émotion, distingue la vie animale de la vie végétale, et permet d’y voir l’émergence d’une condition existentielle.

Michèle Le Doeuff est philosophe. Actrice et théoricienne des luttes féministes, elle a été Maître de conférences à l'ENS de Fontenay, Professeure ordinaire d'études féminines à l'Université de Genève et Weidenfeld visiting professor à l’Université d’Oxford. Elle est aujourd’hui Directrice de recherche au CNRS.

Ses principaux travaux :

- L’Imaginaire philosophique (Payot, 1980) ;

- L’Etude et le rouet. Des femmes, de la philosophie, etc. (Seuil, 1989 – nouvelle édition octobre 2008 ; à propos de cet ouvrage Gilles Deleuze écrivait à l’auteure : «Votre livre est une joie. Il a une force qui passe par tous les tons. C'est tout le problème de la pensée que vous renouvelez, et dans lequel vous traquez un cogito singulièrement masculin. Vous dessinez déjà ce qui serait une pensée débarrassée de pareilles contraintes, et à quel prix. ») ;

- Le Sexe du savoir (Aubier, 1998 – réédition Champs Flammarion, 2002) ;

- Traduction de Vénus et Adonis de Shakespeare (éditions Alidades, 1986) ;

- Traduction d’ouvrages  de Francis Bacon, dont Du progrès et de la promotion des savoirs (Gallimard, 1991) et La Nouvelle Atlantide (avec Margaret Llasera, Flammarion, 1995) ;

- Sur Simone de Beauvoir : nombreux articles et introduction à l’édition, par Ingrid Galster, du Deuxième Sexe (Honoré Champion, 2004).  Prise de notes en conférence

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Simone de Beauvoir aurait eu cent ans cette année. Son œuvre commence à être considérée comme appartenant à la catégorie des classiques. On peut la lire aussi comme préparant l’avenir. Sur la base d’une analyse de la révolte de Simone de Beauvoir vis-à-vis du catholicisme intégriste dans lequel elle a grandi, on s’efforcera de montrer que la laïcité est un enjeu pour l’égalité des sexes.

  Jacques LE RIDER est né en 1954, ancien élève de l'ENS, agrégé d'allemand, docteur ès lettres, Jacques Le Rider a enseigné à l'université Paris-VIII. C'est un des meilleurs analystes de l'identité autrichienne, qu'il étudie depuis son premier séjour à Vienne en 1974, pour son mémoire de maîtrise, jusqu'à sa nomination à au poste de directeur de l’Institut français de Vienne en 1994. Jacques Le Rider est depuis 2001, directeur d'étude à l’École pratique des hautes études (EPHE).
   Il est un des rares intellectuels français à s'être exprimé sur la situation politique autrichienne pour marquer sa vive
réprobation et son inquiétude face à l'entrée de l'extrême droite dans le gouvernement autrichien en février 2000. Ses détracteurs l'ont accusé de pessimisme, voire de nier l'existence des intellectuels autrichiens. Le dépit de Jacques Le Rider face à cette situation politique exceptionnelle semble à la

hauteur de la passion qu'il cultive pour ce pays.
   Spécialiste d'histoire culturelle du monde germanique, de la Mitteleuropa et des échanges culturels entre la France et l'Autriche, il dirige avec Michel Espagne la
Revue germanique internationale et la collection Perspectives germaniques aux PUF. Il a créé la Société Thomas Bernhard.

Vous avez dit « Beaux  - Arts » ?

   Au regard de la production artistique contemporaine, il semble que le concept de beau et celui d’ art se soient résolument différenciés ; les  « Beaux - Arts » existent-ils encore ? Cet état de fait résulte d'un long processus historique et, à cet égard, le moment hégélien dans la pensée de l'esthétique peut être considéré comme capital puisqu'il consacre l'opposition définitive entre l'art-production de l'esprit  et la nature. « Tout ce qui vient de l'esprit est supérieur à ce qui existe dans la nature. » Cette affirmation, que Hegel va étayer dans toute son œuvre, heurte le sens commun qui veut que la beauté créée par l'art soit bien inférieure au beau naturel. Aussi, le philosophe nous embarque-t-il dans une démonstration convaincante, brillante, incandescente - parfois, on a l'impression que le papier brûle, dit Georges Steiner.

   Mais l’art reste ancré dans les apparences, il touche nos sens, en cela il est dépassé par la religion qui, elle-même, doit laisser place à la philosophie, ultime manifestation de l’Esprit dans son absolu. C’est donc logiquement que Hegel affirme :
« 
l’art est une chose du passé », formule célèbre qui mérité d’être reconsidérée à la lumière des deux siècles qui nous sépare de ce génie.

   La pensée de Hegel est réputée difficile. Elle l'est. Mais il est des moments de grâce chez ce professeur de philosophie illuminé qui devait fasciner ses étudiants. Ainsi son esthétique est la retranscription de ses cours par l'un d'entre eux ; est-ce pour cela que cela nous semble plus « facile » ?

   Observons donc cet étudiant hégélien essayant de retracer sur la scène le cheminement de la pensée de son maître : il s'interroge, il peine, il trouve, il jubile, il s'enthousiasme, et peut-être nous avec lui...

   Puis, humblement, posons-nous ensemble les questions du beau et de l'art. « Si tu ignores ce qu'est le beau, dit Socrate à Hippias, crois-tu que la vie vaille mieux pour toi que la mort ? »

Immanuel Wallerstein, docteur en philosophie, professeur de sociologie à l'Université McGill à Montréal, puis à l’Université de Binghamton (USA), jusqu’à sa retraite en 1999,  fut également  directeur (1976-2005) du Centre Fernand Braudel  pour l’Étude de l’Économie, des Systèmes historiques et des Civilisations  et,  par intermittence,  Directeur d'études associé à l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il présida (1994-1998) l'Association internationale de sociologie. Il a également présidé la Commission internationale Gulbenkian pour la Restructuration des Sciences Sociales, dont le rapport a été publié sous le titre Ouvrir les Sciences Sociales (Descartes et C°, 1996). Il est Senior Research Scholar à l'Université Yale (USA) et chercheur permanent depuis 30 ans à la Maison des Sciences de l'Homme à Paris. Signataire du Manifeste de Porto Alegre du Forum social mondial, il est l’un des intellectuels les plus écoutés dans le mouvement altermondialiste.

 

Ses principaux ouvrages :

- Le système-monde du XVème siècle à nos jours, Flammarion, 1980-1984.
- Le Capitalisme historique, La Découverte, 1985, 2002.
- Après le libéralisme. Essai sur un système-monde à réinventer, L’Aube, 1999. 
- L’Utopistique ou les choix politiques du XXIème siècle, L’Aube, 2000.
- Sortir du monde états-unien, Liana Levi, 2004.
- L’Universalisme européen. De la colonisation au droit d’ingérence, Démopolis, 2008.

   Immanuel Wallerstein dressera l'historique de l'hégémonie américaine depuis sa période maximale (1945-1970), à travers son lent déclin (1970-2001), puis son déclin précipité pendant le régime de George W. Bush. Il se demandera comment son successeur, Barack Obama, pourrait s'y prendre, et comment le monde pourrait se reconstruire après le déclin américain.

Dany-Robert Dufour est philosophe, professeur en sciences de l'éducation à l'université de Paris 8 et directeur de programme au Collège International de Philosophie. Il travaille actuellement sur le principe "moral" mis en avant par l'économie libérale marchande, l'égoïsme, et ses effets dans les autres grandes économies humaines (économies politique, sémiotique, symbolique et psychique).

 

Ses principaux ouvrages :

     -     Folie et démocratie (Gallimard, 1996)

- Lettres sur la nature humaine à l’usage des survivants (Calmann-Lévy, 1999)

- L’Art de réduire les têtes. Sur la nouvelle servitude de l’homme libéré à l’ère du capitalisme total (Denoël, 2003)

- On achève bien les hommes. De quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu (Denoël, 2005)

· Le Divin marché. La révolution culturelle libérale (Denoël, 2007)

·  

Argument de sa conférence :

   L'ultralibéralisme, qui a directement conduit à la crise majeure que nous vivons actuellement, repose sur l'idée que le marché peut fournir à chacun tous les objets manufacturés nécessaires, tous les produits licites ou non, tous les services marchands, tous les fantasmes possibles, susceptibles de satisfaire toutes les appétences. Or, en flattant l'égoïsme des individus, il aboutit à la constitution de troupeaux de consommateurs, menés d'objets en objets. En fait d'approfondissement de la démocratie, il apparaît comme une nouvelle aliénation en rupture totale avec l'idéal critique des Lumières qui visait à la formation d'individus autonomes capables de penser par eux-mêmes.

Prise de notes en conférence.

Sandra Laugier est professeur de philosophie à l’Université de Pïcardie Jules Verne. Ses recherches portent sur la philosophie du langage ordinaire, la philosophie américaine et la philosophie morale d’inspiration wittgensteinienne. Elle est également traductrice de l’œuvre de Stanley Cavell. 

 

Ses principaux ouvrages :

- Du réel à l’ordinaire, la philosophie du langage aujourd’hui, Vrin, 1999,

- Recommencer la philosophie, la philosophie américaine, PUF, 1999,

- Wittgenstein, Métaphysique et jeu de langage, PUF, 2001,

- Stanley Cavell, Cinéma et Philosophie (avec M. Cerisuelo), Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2001,

- Faut-il encore écouter les intellectuels ? Bayard, 2003,

- Une autre pensée politique américaine : la démocratie radicale, de R.W. Emerson à S. Cavell, Michel Houdiard éditeur, 2004,

- Le souci des autres – éthique et politique du care (avec P. Paperman), Ed. de l’EHESS, 2005,

- Ethique, littérature, vie humaine, PUF, 2006,

- Lire les Recherches Philosophiques de Wittgenstein (avec C. Chauviré), Vrin, 2006,

- Normativités du sens commun (avec C. Gautier) PUF, 2008.

Argument de sa conférence :

   Le genre de la comédie hollywoodienne que Stanley Cavell a défini sous le nom de “comédie du remariage” – genre illustré par des films tels que New-York Miami, Indiscrétions, Cette sacrée vérité, Un coeur pris au piège, L'impossible Mr Bébé... – joue un rôle crucial dans l’histoire du cinéma, mais aussi dans l’histoire et la culture de l’Amérique. On examinera les enjeux philosophiques, moraux et politiques  suscités par ces films et on se demandera si le genre a toujours une place et des formes aujourd’hui. Cela permettra aussi de se demander si le cinéma peut avoir un rôle moral, et si, comme le dit Cavell, il peut nous rendre meilleurs.

Marc Crépon est Directeur de recherches au CNRS (Archives Husserl). Ses domaines de recherches sont la philosophie allemande de Nietzsche à Heidegger et la question des langues et des communautés dans les philosophies allemande et française. Il est l’un des membres fondateurs de l’association  Ars Industrialis.

 

Ses principaux ouvrages :

 

-   Les Géographies de l’esprit, Payot, 1996

-   Le Malin génie des langues : Nietzsche, Heidegger, Rosenzweig,  Vrin, 2000

-   Les Promesses du langage : Benjamin, Heidegger, Rosenzweig, Vrin, 2001

-   L’Imposture du choc des civilisations, Pleins Feux, 2002

-   Nietzsche : L’art et la politique de l’avenir, PUF, 2003

      -   La Philosophie au risque de la promesse (dir. Marc Crépon et Marc de Launay), Bayard, 2004

-   Terreur et poésie, Galilée, 2004

-   Langues sans demeure, Galilée, 2005

-   Altérités de l’Europe, Galilée, 2006

-   De la Démocratie participative. Fondements et limites (avec B. Stiegler), Mille et une nuits, 2007

-   La Culture de la peur. Tome 1 : Démocratie, identité, sécurité, Galilée, 2008

-   Vivre avec. La pensée de la mort et la mémoire des guerres, Hermann, 2008.

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   L’exercice de la démocratie suppose une souveraineté indéterminée, qui ne se laisse replier sur aucune forme d’appartenance prédéterminée, que celle-ci soit définie par la religion, l’idéologie ou encore un passé commun. La confiscation de la démocratie procède toujours d’une remise en question de cette indétermination. Elle est, aujourd’hui, plus que jamais, menaçante.

Les conférences en détail 2008-2009