Cycle 2019 / 2020

Programme des conférences

Cher(e) ami(e),                                                  

                         

 Agora est heureuse de vous présenter son programme de conférences pour la saison 2019-2020 et espère qu’il pourra retenir votre attention.                         

Nous souhaitons vivement pouvoir (continuer à) vous compter au nombre de nos adhérents : en effet, à l’heure où les collectivités territoriales mesurent de plus en plus chichement leur soutien aux associations comme la nôtre, seul votre engagement pourra nous permettre de continuer de faire vivre à Orange un espace ouvert à la réflexion rigoureuse et à la discussion rationnelle.

En outre l’adhésion à Agora vous offrira l’avantage d’un accès gratuit aux conférences, l’assurance d’une information régulière et la faculté de participer à la fixation des activités et des orientations de l’association.

                                 A très bientôt pour de nouvelles aventures philosophiques.

                                 Agoraphiliquement vôtre,

            Le président : Serge Tziboulsky

 « On montrera que les classes populaires ont joué un rôle essentiel dans tous les grands événements et les luttes qui ont scandé l’histoire de la France depuis la fin du Moyen Age : l’esclavage, la colonisation, les migrations, les révolutions, les guerres, les crises économiques et politiques. Cette analyse en « longue durée » permettra de mieux comprendre l'ampleur des bouleversements que nous vivons aujourd'hui.

La conférence aura également pour ambition d'aider les auditeurs, non seulement à penser par eux-mêmes, mais à se rendre étrangers à eux-mêmes, car c'est le meilleur moyen de ne pas se laisser enfermer dans les logiques identitaires que des agitateurs de tous bords cherchent à nous imposer. »

 

Directeur d’études à l’EHESS, Gérard Noiriel est l'un des pionniers de l'histoire de l'immigration en France. Il s'est également intéressé à l'histoire de la classe ouvrière, et aux questions interdisciplinaires et épistémologiques en histoire. À ce titre, il a participé activement au développement des études socio-historiques.

 Il a publié notamment :

Le Creuset français. Histoire de l'immigration (xixe – xxe siècle), Seuil, 1988 ; rééd. « Points-histoire », Seuil, 1992

La Tyrannie du national. Le droit d'asile en Europe (1793-1993), Calmann-Lévy, 1991 ; rééd. sous le titre Réfugiés et sans papiers. La République et le droit d'asile, xixe – xxe siècle, Hachette, « Pluriel », 1998

Sur la « crise de l'histoire », Belin, 1996 ; rééd. « Folio-Histoire », Gallimard, 2005

État, nation et immigration. Vers une histoire du pouvoir, Belin, 2001 ; rééd. « Folio-Histoire », Gallimard, 2005

Introduction à la socio-histoire, La Découverte, 2006

À quoi sert l'identité nationale, Agone, 2007

Une histoire populaire de la France, Agone, 2018 

Le venin dans la plumeÉdouard DrumontEric Zemmour et la part sombre de la République, La Découverte, septembre 2019.

En partenariat avec l’Ecran magique.

Le Cercle des petits philosophes.

Un film de Cécile Denjean. Avec Frédéric Lenoir

France. 2019. 1 h 30.

   « Quel est le sens de la vie ? Pourquoi on vit ? Pourquoi on meurt ? Qu'est-ce-que l'amour ? 
Ces questions, le philosophe et auteur à succès Frédéric Lenoir les a posées à des enfants de 7 à 10 ans, au cours d'ateliers philosophiques qu'il a menés dans deux écoles primaires durant une année scolaire. Il nous invite à partager les pensées de ces enfants, qui se confrontent à la complexité du monde et à la violence de leurs émotions.
Dans la pratique, l'animateur débute l'atelier par deux à trois minutes de méditation, le temps de canaliser l'attention des enfants. Une fois calmes, ils choisissent ensemble un sujet (la mort, les sentiments, la vérité...) et l'animateur a pour rôle de faire circuler la parole entre eux, sans jamais dire ce qu'il pense.

 Diffusé une première fois sur France 2 dans l’émission Infrarouge, en 2017, le documentaire a été adapté pour le cinéma. »

Cyril Lemieux :   « Soixante-quinze ans après la fin de la seconde guerre mondiale, dont on avait pu croire qu’elle avait mis un terme définitif au fascisme en Europe, le vieux continent est aujourd’hui confronté au retour en force spectaculaire des idéologies réactionnaires et des partis nationalistes et xénophobes. Comment expliquer un tel phénomène ? On proposera une analyse qui prend en compte le lien dynamique entre les trois principales idéologies qui structurent les sociétés modernes : le libéralisme, la pensée réactionnaire et le socialisme. Ce sera l'occasion de montrer que la situation actuelle en Europe n'est pas imputable d'abord à des facteurs économiques ou psychologiques mais plutôt à la difficulté croissante que les sociétés européennes et leurs dirigeants éprouvent à se comprendre sociologiquement. »

Sociologue spécialiste du journalisme, Cyril Lemieux est directeur d’études à l’EHESS.

Derniers livres parus :

Mauvaise Presse. Une sociologie compréhensive du travail journalistique et de ses critiques, Éditions Métailié, 2000

La sociologie sur le vif, Presses des Mines, 2010

Avec Bruno Karsenti, Socialisme et sociologie, Editions de l’EHESS, 2017

Pascal Engel :     « La conception la plus usuelle de la démocratie est qu'elle consacre le règne de l'opinion et repose sur la possibilité pour tous d'avoir et d'exprimer leurs opinions. Nul n'est supposé savoir plus que les autres, et toutes les opinions ont droit de cité. La conception libérale de la démocratie exclut en ce sens toute prétention d'un groupe, y compris au sein même d'un Etat démocratique à posséder la vérité plus que d'autres, et exclut même le recours à la notion de vérité. Les partisans d'une démocratie " radicale" rejettent même l'idée qu'il puisse y avoir des personnes qui savent mieux que d'autres et objectent au recours aux experts au nom d'un savoir partagé en droit par tout citoyen. Les critiques de la démocratie, comme certains de ses partisans, objectent que l'opinion peut être tyrannique, et que toutes les opinions ne se valent pas. On les accuse de vouloir réintroduire des hiérarchies de savoir là même où savoir ne devrait pas impliquer pouvoir. Si l'on refuse l'option radicale de ceux qui entendent nier toute réalité, valeur ou pertinence à la vérité en politique, comment une démocratie peut-elle maintenir le principe d'une autorité du savoir, et donner une place - et laquelle ? - à la vérité ? »

Philosophe, Pascal Engel est directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et membre du Centre de recherches sur les arts et le langage ( CRAL, CNRS, EHESS). Ses travaux ont porté sur la philosophie de la logique et du langage et sur la philosophie de l’esprit et de la connaissance. Ses intérêts actuels portent sur la vérité, les normes épistémiques, la nature de la croyance.

Quelques publications récentes :

Les Vices du savoir. Essai d'éthique intellectuelle Agone, 2019

Les lois de l'esprit : Julien Benda ou la raison, Ithaque, 2012 

Épistémologie pour une marquise, entretiens sur la philosophie et l’histoire naturelles qui ont paru les plus propres à rendre les jeunes gens curieux et à leur former l’esprit, Ithaque, 2011

Va savoir ! De la connaissance en général, Hermann, 2007

avec Richard Rorty : À quoi bon la vérité, Grasset, 2005.

Chantal Jaquet :    « Les transclasses qui passent d'une classe sociale à l'autre sont rares dans la plupart des sociétés. Au-delà des explications toutes faites, les causes de leur parcours ainsi que les effets induits par le changement de monde social restent encore largement méconnues. Il s'agira alors de se pencher sur les raisons des transclasses au double sens du terme, à savoir les causes de leur trajectoire et la manière dont ils la vivent, se la représentent et la justifient. » 

Philosophe, Chantal Jaquet est professeure à l'université Paris 1 Panthéon -Sorbonne et directrice du Centre d'histoire des philosophies modernes de La Sorbonne. Ses travaux portent sur l'histoire de la philosophie moderne (Spinoza, Bacon), la philosophie du corps (odorat et art olfactif) et la philosophie sociale (les transclasses, terme qu’elle a popularisé et qui désigne à la fois une réalité sociale mais aussi une construction politique, celle de la méritocratie). 

Elle a publié notamment :

Le Corps, PUF, 2001

L’unité du corps et de l’esprit. Affects, actions passions chez Spinoza, PUF, 2004, rééd. 2015

Philosophie de l’odorat, Paris, PUF, 2010 

Bacon et la promotion des savoirs, PUF, 2010 

Les Transclasses ou la Non-Reproduction, PUF, 2014 

Le Désir, Éditions du Retour, 2017 (réédition) 

Spinoza à l'œuvre, composition des corps et force des idées, Éditions de la Sorbonne, 2017 

La philosophie du kôdô, Vrin, 2018

2007  :Écrire l'histoire des femmes et du genre, Lyon, ENS éditions,

Gloria Origgi : « La réputation est la trace sociale que toutes nos actions, réelles ou virtuelles, laissent dans l'esprit des autres. Elle est un phénomène de cognition sociale distribuée qui influence nos jugements et la crédibilité des acteurs. Nous allons analyser comment la réputation influence nos comportements en ligne et comment la distinguer d'autres concepts comme la popularité ou l'autorité de l'information. »

Philosophe italienne installée en France, Gloria Origgi est chercheuse à l'Institut Jean-Nicod (CNRS-École Normale Supérieure-École des Hautes Etudes en Sciences Sociales)

Publications récentes :

Passions sociales (dir.), P.U.F. 2019

La réputation : qui dit quoi de qui, PUF, 2015

Qu'est-ce que la confiance ? Vrin, 2008,

Laurent Bové : « Le Triomphe de la mort de Pieter Bruegel – peint durant la terrible répression de la grande Révolte qui a embrasé les Anciens Pays-Bas – est à l’horizon de la méditation d’une œuvre qui s’efforce de penser une alternative vivante à l’aliénation généralisée au pouvoir tyrannique de l’Un (historiquement l’Espagne catholique de Philippe II). Aliénation sur laquelle, en ce même XVIe siècle marqué par les guerres de religion, s’interroge Étienne de La Boétie dans son percutant Discours sur la servitude volontaire intitulé significativement aussi Le Contr’Un. Le triomphe de la mort – ou de la domination de l’Un – hante et nourrit, en effet, la réflexion picturale, métaphysique et politique, de l’œuvre de Pieter Bruegel l’Ancien [1525 (env.) –1569]. Et c’est au triomphe de la mort que ce peintre de la multitude s’efforce d’échapper en travaillant à la résurrection multiple et matérielle des corps et des esprits. Solitaire dans son entreprise, mais solidaire des pauvres et des opprimés, Bruegel construit sur ses panneaux-peints les espaces nouveaux d’une liberté commune dont l’égalité de tous est la mesure. C’est cette entreprise, de nature philosophique – véritable traité pictural d’une réforme théologico-politique de l’entendement –, que notre conférence s’efforcera de déchiffrer en commentant les dessins et les tableaux du peintre flamand.

Philosophe, Laurent Bove est professeur émérite à l’Université de Picardie. Ses recherches portent sur le spinozisme, les moralistes français (spécialement Vauvenargues), l’éthique et la politique à l’Âge classiqueAlbert Camus et Pieter Bruegel.

Il a publié notamment :

La Stratégie du conatus. Affirmation et résistance chez Spinoza, Vrin, 1996 (rééd 2012).

Spinoza, Traité Politique, trad. É. Saisset révisée par L. Bove, Introduction et notes par L. Bove, Classiques de Poche, 2002.

Albert Camus, De la transfiguration, publications de la Sorbonne, 2014

Qu’est-ce que les Lumières radicales ? Libertinage, athéisme et spinozisme dans le tournant philosophique de l’âge classique, avec C. Secretan et T. Dagron, éd. Amsterdam, 2007

Vauvenargues ou le Séditieux, Entre Pascal et Spinoza, une philosophie pour la seconde nature, éd. Champion, 2015.

Pieter Bruegel le tableau ou la sphère infinie : Pour une réforme théologico-politique de l'entendement, Vrin, 2019

Christian Laval : Sociologue, Christian Laval est professeur de sociologie à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, spécialiste du libéralisme et notamment de la philosophie utilitariste de Jeremy Bentham.

Quelques publications récentes :

Jeremy Bentham, les artifices du capitalisme, PUF, 2003,

L'École n'est pas une entreprise : Le néo-libéralisme à l'assaut de l'enseignement public, La Découverte, 2004

L'Homme économique : Essai sur les racines du néolibéralisme, Gallimard, 2007

La Nouvelle raison du monde (avec Pierre Dardot) La Découverte, 2009

Marx, Prénom : Karl (avec Pierre Dardot), Gallimard, 2012

Commun, Essai sur la révolution au XXIe siècle (avec Pierre Dardot), La Découverte, 2014

Ce Cauchemar qui n'en finit pas, Comment le néolibéralisme défait la démocratie (avec Pierre Dardot), La Découverte, 2016 

Foucault, Bourdieu et la question néolibérale, La Découverte, 2018 

Pascal Chabot :    « La qualité est partout, depuis la qualité de l’air et de l’alimentation, jusqu’à la qualité de vie au travail ou la qualité des relations. Ces différents contextes éclairent à leur manière la notion. Mais il reste un noyau commun, qui est le désir de voir advenir une qualité, conçue comme une nouvelle figure du bien. Que faut-il entendre par là ? En parcourant ses origines philosophiques et interrogeant ce qu’elle combat - que l’on peut appeler le « merdique » -, on montrera que les qualités peuvent être un lieu de construction du bien commun, pour autant qu’elles restent libres, c’est-à-dire qu’elles ne soient pas le lieu d’expression de nouvelles dominations. » 

Philosophe, Pascal Chabot  enseigne à l’IHECS (Institut des Hautes Etudes des Communications sociales) de  Bruxelles.

Il a publié notamment :

Traité des libres qualités, PUF, 2019

L'homme qui voulait acheter le langage, PUF, 2018

Exister, résister. Ce qui dépend de nous, PUF, 2017

L'âge des transitions, PUF, 2015

Global burn-out, PUF, 2013

Les sept stades de la philosophie, PUF, 2011

Après le progrès, PUF, 2008

La philosophie de Simondon, Vrin, 2003

Conférence annuléeConférence annuléeConférence reportéeConférence reportéeConférence annulée