Cycle 2016 / 2017

Programme des conférences

Cher(e) ami(e),                                                  

                         

 Agora est heureuse de vous présenter son programme de conférences pour la saison 2016-2017 et espère qu’il pourra retenir votre attention. Seront abordés cette saison : la migration, la justice, les rapports entre la République et la diversité culturelle, la pensée de Cornelius Castoriadis, les « théories du complot », le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée, la vérité,  l’importance de la sociologie (la date et le sujet exacts de la conférence du sociologue Bernard Lahire seront fixés courant septembre).

                         Nous souhaitons vivement pouvoir (continuer à) vous compter au nombre de nos adhérents : en effet, à l’heure où les collectivités territoriales mesurent de plus en plus chichement leur soutien aux associations comme la nôtre, seul votre engagement pourra nous permettre de continuer de faire vivre à Orange un espace ouvert à la réflexion rigoureuse et à la discussion rationnelle. En outre l’adhésion à Agora vous offrira l’avantage d’un accès gratuit aux conférences, l’assurance d’une information régulière et la faculté de participer à la fixation des activités et des orientations de l’association.

                                 A très bientôt pour de nouvelles aventures philosophiques.

                                 Agoraphiliquement vôtre,

            Le président : Serge Tziboulsky

Isabelle Delpla (philosophe, Lyon 3)  : Une approche cosmopolitique de la migration. Nos approches du cosmopolitisme et d'une justice internationale sont biaisées : elles partent de l'assurance implicite que la migration est celle des autres pour un pays que nous percevons comme un lieu d'accueil ou de transit. Ne pouvons-nous pourtant imaginer un nouveau modèle de cosmopolitisme, bâti sur les possibles allers et retours des migrants où, sous voile d'ignorance, nous ne saurions lesquels d'entre nous sont les sédentaires ou les nomades ?

François Dosse (historien, Sciences Po Paris)  : Castoriadis, penseur de la démocratie. Cornelius Castoriadis (1922-1997) est l’une des plus grandes figures intellectuelles et politiques du 20ème siècle. Jeune résistant grec révolutionnaire, il s’installe en France à 23 ans et contribue à créer avec Claude Lefort la revue Socialisme ou Barbarie, dont la critique de gauche des régimes dits « communistes » aura une grande influence sur Mai 68. Économiste, philosophe, psychanalyste, militant politique, Castoriadis n’a cessé, en croisant l’analyse historienne et l’approche psychanalytique, de s’attacher à penser la conquête de l’autonomie comme condition de l’approfondissement démocratique. 

Céline Spector (philosophe, Bordeaux 3) : Les normes de justice sont-elles illusoires ?   L’immoraliste, dans une provocation adressée au philosophe, dénonce le caractère illusoire des normes de justice et refuse de suivre les règles lorsqu’ elles sont contraires à son intérêt. D’une part il récuse des principes de justice jugés absurdes s’ils ne respectent pas les passions dominantes ou le droit du plus fort ; d’autre part il dénonce l’idéalisme et l’angélisme du philosophe, quand il prétend, comme Platon, prouver l’obligation à être juste. Un débat entre l’immoraliste et le philosophe ne peut-il être qu’un dialogue de sourds ? 

Marion Fontaine (historienne, Univ. Avignon)) : La République et la diversité culturelle. La République s’est définie, depuis la Révolution française, comme un ensemble d’individus citoyens égaux, détachés de toutes leurs identités particulières. En même temps, elle s’est enracinée dans une société française dont la diversité culturelle ne remonte pas à hier. Comment la République a-t-elle géré, en théorie et en pratique, ce paradoxe, entre l’abstraction rêvée et la diversité réelle ? C’est ce que l’on s’efforcera d’explorer, en en retraçant l’histoire longue, mouvementée et en même temps très éclairante pour aujourd’hui. 

Dans le cadre des journées bleu Orange : Thierry Fabre (directeur du dvpt culturel et des relations internationales au MuCEM) : Penser la Méditerranée des deux rives. La Méditerranée, monde complexe et multiple, ne peut plus être pensé depuis une simple projection du Nord sur le Sud. Il nous faut comprendre d'autres généalogies historiques et culturelles, par exemple l'histoire de la conquête européenne et de la colonisation vue depuis l'autre rive, pour mieux saisir ce qui se joue sous nos yeux dans cette Méditerranée du XXIème siècle pleine de bruit et de fureur. Mais, au-delà du désastre, un monde commun est possible, issu, par exemple, des liens noués entre Provence et Méditerranée, notamment depuis les Troubadours qui ont été pleinement inspirés par la culture judéo-arabe d'al Andalus, composante à part entière de l'héritage européen et méditerranéen.

Patrice Maniglier (philosophe, Paris 10)  : La vérité des autres. "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà". Cette phrase ironique de Pascal dit que la vérité doit être une et universelle. Or on peut échapper à l'éternel débat entre universalisme et relativisme, on n'est pas obligé, pour croire en des valeurs fermes, d'exiger qu’elles soient "pour tous" et "en tout temps " : la variation culturelle peut être un instrument de connaissance aussi efficace que l'observation et la démonstration. C'est du moins la leçon encore à méditer que nous a léguée Claude Lévi-Strauss.

Sujet à déterminer.

Michel Antoni est médecin, spécialiste des maladies de l’appareil digestif, ancien interne, ancien chef de clinique, praticien hospitalier, consultant en Centre de soins en addictologie. Il est titulaire d’un Diplôme Inter-Universitaire d’éthique et pratique médicale (Faculté de Médecine de Marseille, 2004) et d’un Diplôme Universitaire  d’anthropologie de la Santé (Certificat International d’Ecologie Humaine, Université Paul Cézanne, Aix-Marseille, 2007)

Philippe Huneman (philosophe, Paris 1)  : Qu’est-ce qu’une « théorie du complot » ? L'homme a-t-il vraiment marché sur la Lune ? Qui est derrière le 11 septembre ? A qui profitent les récents attentats commis en France et en Belgique ?  Ceux qui posent ce genre de questions tendent généralement à promouvoir ce qu'on appelle une "théorie du complot". Ils se méfient de ce qu'ils nomment « la version officielle » et prétendent cultiver la vertu scientifique du doute. Et, en effet, n'est-il pas vrai que certains événements révèlent la trace d'une réelle conspiration d'acteurs gouvernementaux ou supranationaux ?  On montrera comment ce type de théories se construit et se propage, et pourquoi le conspirationnisme est irrationnel ou faux.