Le détail  des conférences— débats organisées par AGORA à ORANGE depuis 1989

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Serge Tisseron, psychiatre, psychanalyste et psychologue, est titulaire d’une Habilitation à Diriger les Recherches en Sciences Humaines et Clinique  à l’Université  de Paris X. Ses travaux portent sur les secrets de famille, nos relations avec les images et nos rapports aux nouvelles technologies. Il est aussi auteur de BD et d’ouvrages illustrés pour enfants.

 

Ses principaux ouvrages :

Tintin chez le psychanalyste (Aubier, 1985) ; Psychanalyse de la bande dessinée (PUF 1987, rééd Champs-Flammarion 2000) ; La Honte, psychanalyse d’un lien social, Dunod 1992, rééd 2007 ; Secrets de famille, mode d’emploi (Ramsay 1996, rééd Marabout, 1997) ; Enfants sous influence. Les écrans rendent-ils les jeunes violents ? (A.Colin, 2000, rééd 10/18, 2003) ; L’Intimité surexposée (Ramsay, 2001, rééd Hachette Pluriel 2002), Prix du Livre Télévision 2002 ; Les Bienfaits des images (O. Jacob, 2002), Prix Stassart 2003 de l’Académie des Sciences Morales et Politiques ; Comment Hitchcock m'a guéri (Albin Michel 2003, rééd Hachette 2005) ; La résilience (PUF, Que sais-je ? 2008) ; Qui a peur des jeux vidéo? (Albin Michel, 2008) ; Faut-il interdire les écrans aux enfants ? (avec Bernard Stiegler  éd.Mordicus, 2009) ; L'empathie au coeur du jeu social (Albin Michel 2010).

 

Argument de sa conférence :

     Les technologies actuelles dessinent de nouvelles façons de communiquer et d’être ensemble, dans lesquelles l'empathie peut être, selon les cas, stimulée ou inhibée. Les jeunes en sont les premiers utilisateurs et les familles en sont évidemment touchées. Mais ces bouleversements affectent aussi en profondeur plusieurs autres domaines : la perception de soi et la construction de l’identité, les attentes vis-à-vis d’autrui, le rapport aux images et les formes de l'apprentissage. L'ensemble de ces changements représente une véritable révolution anthropologique. Des moyens de la faire évoluer favorablement existent. Ils dépendent de chacun d'entre nous.

 A l’occasion du bi-centenaire de la naissance d’Evariste Galois avec la participation de Bruno Alberro et Laurent Derobert

Bruno Alberro : après une carrière dans l'Armée de l'air, est journaliste au Dauphiné libéré et romancier. Il a publié aux éditions Complicités  L'illusion évanouie (2000), puis chez Elan Sud : De l'autre côté (2006),  Evariste Galois (2007), Fragments rouges (2009). A paraître  à l'automne 2011 chez Ela,n Sud  La déconstruction

 

Laurent Derobert : docteur en philosophie économique,  dirige au CNRS un programme de recherche en philosophie économique et enseigne à l’Université d’Avignon les Mathématiques appliquées aux sciences sociales. A publié en 2010 aux éditions Delirium d’Avignon Fragments de mathématiques existentielles. Compositeur et accordéoniste.  Co-fondateur et administrateur du Delirium, salon-cabaret dont le but est de favoriser les échanges entre artistes en Avignon (organisation de concerts, de conférences, d’expositions et résidences de création). Collaborateur  de l’Université Populaire d’Avignon

Philippe Corcuff   est  Maître de conférences de science politique à l'IEP de Lyon, membre du conseil scientifique d'ATTAC France, membre fondateur de l’Université populaire de Lyon et de l’Université Critique et Citoyenne de Nîmes.

 

Ses principaux ouvrages :

La Société de verre : pour une éthique de la fragilité (A. Colin, 2002), Bourdieu autrement : fragilités d’un sociologue de combat (Textuel, 2003),  Les Grands Penseurs de la politique (Armand Colin, 2005), Politiques de l’individualisme (en collaboration avec Jacques Ion et François de Singly, Textuel, 2005),  L’individu aujourd’hui. Débats sociologiques et contrepoints philosophiques (ouvrage coll. co-dir. avec Christian Le Bart et François de Singly, Presses Universitaires de Rennes, 2010), collab. à l’ouvrage collectif d’ATTAC, Le capitalisme contre les individus. Repères altermondialistes (Textuel, 2011).

 

   Philippe Corcuff a été co-scénariste du film de Dominique Cabrera, Nadia et les hippopotames (sélection officielle du Festival de Cannes 1999, section «Un certain regard»). Il a été chroniqueur de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo (2001 -  2004).

 

Argument de sa conférence :

   Les gauches ont souvent été dominées en France par un "tout collectif" après 1914, en marginalisant alors ses sensibilités libertaires. La galaxie altermondialiste commence aujourd'hui à retrouver les voies d'une critique du capitalisme associant la promotion des individualités singulières et la justice sociale. Une telle reformulation de la perspective d'une émancipation indissociablement individuelle et collective se nourrira de lectures hérétiques rapprochant un Marx plus individualiste qu'on ne le croit habituellement, le dandysme socialiste méconnu de l'écrivain Oscar Wilde et l'éthique du visage d'autrui proposée par Emmanuel Levinas.

Marc de Launay est  chercheur au CNRS en philosophie allemande (Archives Husserl de Paris – ENS-Ulm). Ses travaux portent sur Nietzsche et sur les courants néokantiens allemands, ainsi que sur l’herméneutique biblique.

 

Ses principaux ouvrages :

La critique et la conviction, entretien avec Paul Ricoeur (avec François Azouvi), Calmann-Lévy, 1995 ; Néokantismes et théorie de la connaissance (dir. et trad.), Vrin, 2000 ; Une reconstruction rationnelle du judaïsme. Sur Hermann Cohen : 1842-1918, Labor et Fides, 2002 ; Le sacrifice d'Abraham : la ligature d'Isaac (avec Stéphane Mosès et Olivier Revault d'Allonnes), Desclée de Brouwer, 2002 ; La Tour de Babel (avec Pierre Bouretz et Jean-Louis Schefer) Desclée de Brouwer, 2003 ; Judith et Holopherne, avec Catherine Lépront et Laura Weigert Desclée de Brouwer, 2003 ; La philosophie au risque de la promesse (avec Marc Crépon, dir.), Bayard, 2004 ; Qu'est-ce que traduire ? Vrin, 2006, Babel et logos, Pour une Lecture philosophique de la Bible, Hermann, 2008 ; Hans Blumenberg, L'imitation de la nature, Hermann, 2010.

 

Argument de sa conférence :

   Les « philosophies » de l’histoire sont toujours confrontées à plusieurs impasses. Elles doivent expliquer quelles sont les forces motrices de l’histoire qui en déterminent le cours, mais, qu’elles soient transcendantes ou forgées par les hommes, ces forces les dépassent et semblent plus puissantes que leurs actions personnelles ou collectives. En outre, les philosophes de l’histoire sont bien en peine d’expliquer pourquoi, lorsqu’ils innovent, ils semblent échapper au déterminisme commun. Ensuite, ces philosophies sont censées rendre compte de l’ensemble du cours de l’histoire et, donc, prédire son orientation et son déroulement à venir ; elles succombent alors à une forme plus ou moins insidieuse de prophétisme. Enfin, il est impossible aux philosophies de l’histoire de ne pas s’appuyer, explicitement ou tacitement, sur une conception du temps, et l’on sait bien que cette dernière évolue elle aussi au cours… de l’histoire. Sommes-nous donc voués à être dépourvus de prise effective sur le cours des choses ? Si l’on renonce à une philosophie de l’histoire, doit-on du même coup vouer au relativisme sceptique tout effort théorique de réflexion sur elle ?

Hourya Bentouhami est ancienne élève de l’ENS de Lyon et  docteur en philosophie de l'Université Paris VII (thèse sur la non-violence à partir des théories critiques post-coloniales et des théories de la reconnaissance).

 

A publié : 

      -    Gandhi et les Subaltern Studies. La désobéissance civile en question, in Histoire et subjectivation, (Kimé, 2008)

- Conflits et démocratie : quel nouvel espace public? en collaboration avec Christophe Miqueu (L'Harmattan, 2010) 

- Le souci du droit : où en est la théorie critique? en collaboration avec A. Kupiec, N. Grangé et J. Saada (Editions Sens et Tonka, 2010)

 

Argument de sa conférence :

 

      Pourquoi punir? Cette question peut s'entendre en deux sens, selon que l'on voudra rechercher les justifications morales et politiques de la punition, ou que l’on voudra s'interroger sur la nécessité même de la punition. Dans ce dernier cas, on se demandera donc plutôt: "A quoi bon punir?". C'est en contrastant ces deux interrogations que l'on verra comment la philosophie de la non-violence en vient à redéfinir la question de la punition en repensant la philosophie pénale au prisme des catégories dites du care (soin ou souci des autres). Ainsi on s'interrogera sur le rôle de l'indulgence, de la clémence, de la grâce ou encore de la compassion au sein d'une approche réparatrice de la justice.

Philippe Mengue est Docteur en philosophie. Il a enseigné à l'Université d'Aix-en-Provence et au Collège international de philosophie. Il collabore à l'Université Populaire d'Avignon et anime le Café-philo d'Apt.

 

Ses principaux ouvrages :

Deleuze et le système du multiple (Kimé, 1995), L'Ordre sadien (Kimé, 1996), Deleuze et la question de la démocratie (L'Harmattan, 2003), La Philosophie au piège de l'histoire (Éditions de la Différence, 2004), Peuples et identités (Éditons de la Différence, 2008), Utopies et devenirs deleuziens (L'Harmattan, 2010), Guerre ou paix en philosophie ? (Germina, 2011).

 

Argument de sa conférence :

 

   Certains soutiennent que les philosophes seraient en guerre entre eux. Certes, entre philosophes il y a des disputes, des affrontements, des guérillas, mais sont-ce des guerres et les philosophes sont-ils dans un rapport d’ennemis à ennemis ? La philosophie n’est-elle pas avant tout une affaire de pensée ? Ces penseurs ne sont-ils pas des amis (philoi) de la « sagesse » (sophia) ? A ce titre, ne semblent-ils pas devoir être amis entre eux ? Mais qu’est cette sagesse qu’ils recherchent : paix, justice, vérité, bonheur, liberté, ou tout autre chose? Ces « amis » aux multiples fins ou aux multiples dieux deviennent si étranges dans leur recherche qu’ils ressemblent plutôt à des ennemis. Alors que signifie philo- dans philosophie?

La philosophie n’est pas donnée mais toujours à nouveau à construire. Ce qui est premier, c’est l’abîme du non-savoir (Socrate), au bord duquel se tiennent les philosophes, amis ou non. Dès lors la ligne qui sépare la guerre de la paix serait plutôt une « ligne de fuite » (Deleuze), qui tendrait, non pas d’abord à séparer et délimiter les doctrines, à aiguiser les contradictions, mais plutôt à fuir et faire fuir les affrontements bloqués et les dualismes figés, afin d’inventer de nouvelles façons de penser.

Conférence, organisée dans le cadre des journées dédiées à « la logique de l’absurde » :

Arnaud Villani enseigne la philosophie en Khâgne au Lycée Masséna de Nice. 

Principaux ouvrages : Kafka. L'ouverture de l'existant (Belin, 1984), La guêpe et l'orchidée. Essai sur Gilles Deleuze, (Belin, 1999), Les Oiseaux noirs et autres textes (poésie,  revue NU(e), n°18, 2002), avec Robert Sasso (dir.), Le vocabulaire de Gilles Deleuze (Les Cahiers de Noesis, n°3, 2003), Précis de philosophie nue (Éditions de la revue NU(e), 2005), Le peintre absent, (dir. Éditions de la revue Nu(e), 2007), Petites méditations métaphysiques sur la vie et la mort (Hermann, 2008), Court traité du rien (Hermann, 2009). Traductions en collaboration : Process and reality de Alfred North Whitehead (Gallimard, 1995),  le Poème de Parménide (trad et commentaire à paraître chez Hermann).

Jean-Michel Besnier est  professeur  de  philosophie   à  l'Université  Paris-Sorbonne et chercheur au Centre de Recherche en Épistémologie Appliquée (CNRS / Ecole Polytechnique), où il conduit des recherches sur les impacts philosophiques et sociologiques des sciences et technologies cognitives.

 

Ses principaux ouvrages :

- Histoire de la philosophie moderne et contemporaine, Grasset et Livre de poche, 1993.

- Tocqueville et la Démocratie. Égalité et liberté, Hatier, 1995.

- Les théories de la connaissance, PUF, collection "Que Sais-Je ?", 2005 ; 2ème éd, 2011.

- Réflexions sur la sagesse, éditions Le Pommier-Fayard, 1999.

- Peut-on encore croire dans le progrès ? (avec Dominique Bourg), PUF, 2000.

- La croisée des sciences, Questions d'un philosophe, Le Seuil, 2006.

- Demain, les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ? Hachette, 2009 ; Fayard, 2010.

 

 Argument de sa conférence :

   Le progrès des biotechnologies, les recherches en sciences cognitives, le développement des technologies du virtuel ainsi que les promesses générées par les nanotechnologies dessinent l’image d’un futur qu’on aurait jadis reléguée dans la science-fiction. Peut-être ce futur ne verra-t-il jamais le jour. Peut-être demeurera-t-il une utopie pour certains qui le désirent ou une dystopie pour ceux qui le redoutent. Quoi qu’il en soit, le posthumain qu’on annonce à grands renforts de spéculations ou d’innovations révèle l’état présent de notre imaginaire et mérite, à cet égard, d’être interrogé : d’où vient que nous projetions un avenir qui nous aura débarrassés de la condition humaine ? Faut-il que nous soyons fâchés avec nous-mêmes pour consentir à nous laisser « dématérialiser », pour vouloir fusionner avec les machines, pour imaginer nous immortaliser grâce à quelque avatar de substitution ? Tout se passe comme si l’humanité éprouvait une sorte de fatigue d’être soi et comme si elle était disposée à écouter les sirènes de certains techno-prophètes lui annonçant sa prochaine relève dans une nouvelle espèce. On se demandera comment résister à cette propension suicidaire.

 

Yves Cusset, né en 1972 , est ancien élève de l’ENS, agrégé et docteur en philosophie. Professeur en IUFM à Créteil et à Sciences-Po Paris, il s’est spécialisé dans la philosophie politique (il a notamment publié Habermas, l’espoir de la discussion, éd. Michalon 2001, Philosophies politiques pour notre temps (avec J.Picq), Odile Jacob 2005 et Habermas/Foucault. Parcours croisés, confrontations critiques, CNRS éditions 2006). Il pratique également le solo philosophique « juste pour rire » et explore les possibilités qu’a l’expérience théâtrale d’offrir une résonance inédite à l’interrogation philosophique, comme à travers l’adaptation croisée de textes de Sénèque et Albert Cohen intitulée  L’époque de la vie la plus délicieuse. Depuis 2006, l'Espace Culturel Louis Aragon de Saint Vallier (Saône-et-Loire) en association avec la compagnie "Un jour j'irai..." lui offre carte blanche, sous le titre de La philo en folie, pour présenter les fruits de cette rencontre entre théâtre et philosophie, et explorer tous azimuts des formes à la fois ludiques et profondes de la pratique philosophique.

Rien ne sert d’exister  n’est pas un « one man show » comme les autres. Ecrit et interprété par un professeur de philosophie, c’est une véritable redécouverte de l’étonnement philosophique par le biais de l’humour, accessible à tous ceux qui sont restés de grands enfants. Yves Cusset y fait le grand écart entre René Descartes et Raymond Devos, afin de faire partager à tous la drôlerie des grandes questions de la philosophie : la mort vaut-elle la peine d’être vécue ? L’amour est-il aimable ? Pourquoi la question pourquoi ? Et surtout : comment trouver la voie quand on part de rien et qu’on va nulle part ?

Les conférences en détail 2011-2012