Le détail  des conférences— débats organisées par AGORA à ORANGE depuis 1989

AGORA         16, rue reine wilhelmine 84100 ORANGE

Téléphone : 04 90 51 71 18
Messagerie : 
AGORANGE2@wanadoo.FR

Pour nous contacter : AssOcIation AGORA

Etienne Bimbenet, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, est Maître de conférences en philosophie contemporaine et phénoménologie à l’Université Jean Moulin - Lyon III. Il est  membre des Archives Husserl de Paris et du comité de direction de la revue phénoménologique Alter. Il  dirige avec Bruce Bégout la collection « Matière étrangère » chez Vrin. .

 

Ses principaux ouvrages :

- Nature et Humanité. Le problème anthropologique dans l’œuvre de Merleau-Ponty (Vrin, 2004)

- Après Merleau-Ponty. Etudes sur la fécondité d’une pensée (Vrin, 2011)

- L’Animal que je ne suis plus (Folio Gallimard, 2011)

 

Argument de sa conférence :

   Selon une opinion couramment admise, l’être humain ne serait rien de plus qu’un animal comme les autres, certes perfectionné, mais dont les principales caractéristiques (la culture, le langage, le raisonnement, la morale, la technique…) seraient déjà à l’œuvre chez la plupart des espèces animales. Or les arguments qui plaident en faveur de ce naturalisme sont tous issus des sciences de la nature. C’est la génétique, la biologie de l’évolution, l’éthologie animale ou encore la primatologie qui décrètent aujourd’hui la fin de l’« exception humaine » ; c’est à elles qu’il revient aujourd’hui d’abolir la frontière qui nous séparait naguère de l’animal, et ce faisant de nous dire ce que nous sommes.

Néanmoins, à l’opposé de ce naturalisme, pour peu qu’on aborde philosophiquement la question ; pour peu qu’on se rende attentif au sens précis des comportements animaux et humains, et qu’on écoute ce que les sciences humaines (la psychologie de l’enfant et la psycholinguistique, la psychologie cognitive et la sociologie) ont à nous dire sur la question, - il devient crédible de défendre, sans obscurantisme métaphysique, et dans un cadre évolutionniste, l’idée d’un « propre de l’homme ».

Comment vivre ensemble ?

 

   Par nature l’homme n’est pas un animal politique, l’organisation politique est une institution, c’est un « funeste hasard » qui a conduit l’homme naturel à devenir social. Et Rousseau tente de remonter à l’origine, règne de l’être et du droit naturel, pour revenir à la société organisée, règne du paraître et du droit positif, où tout est factice, artificiel et faux. Il suppose donc un état de nature originaire à partir duquel il va décrire la lente instauration d’un ordre social qui aboutira inexorablement à une inégalité endémique. La perte de l’innocence originelle est donc une dénaturation et l’histoire humaine n’est que celle du mal. On est loin ici du progressisme béat des Lumières.

 

   Mais il n’est point question de retour en arrière, le mal est fait, l’innocence perdue à jamais. Il faut donc s’arranger avec les faits et trouver le moyen le plus adéquat de vivre ensemble sans transiger sur un principe fondamental : la liberté inaliénable de l’homme. Et Rousseau d’énoncer les principes d’un contrat social fictif, qui lierait les hommes entre eux et qui serait à la base de leurs lois et de leurs organisations politiques. Mais comment concilier la liberté inaliénable de l’homme avec l’obéissance à la loi ? Réponse : seule la démocratie peut garantir une liberté totale, une autonomie parfaite (« l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté »), comparable à la liberté naturelle de l’homme « pré-social », car, dans ce système, « chacun s’unissant à tous n’obéit pourtant qu’à lui-même, et reste aussi libre qu’auparavant », « chacun, se donnant à tous, ne se donne à personne ». Reste que la constitution d’une démocratie véritable ne va pas sans poser quelques problèmes pratiques…

 

Didier Mahieu

    Comédien, co-fondateur du Théâtre des Deux Rives, il a travaillé régulièrement avec Alain Bézu depuis 1971, notamment dans La nuit des rois, La grande boucle, Oncle Vania, Du mariage au divorce, Le fils naturel, Le barbier de Séville, Vincent et l’ami des personnalités, L’Illusion comique ou Jacques le fataliste et son maître. Il a joué également sous la direction d’Alain Milianti, Patrick Verschueren, Catherine Delattres, Augusto Boal, Bertrand Bonvoisin et Michel Arbatz. Il crée, en 1998 la collection Philosophie de Chair, série de spectacles-rencontres dont  La nature et le contrat est l’un des  numéros. Il dirige à Montpellier la Compagnie du groupetto *. Il est également  décorateur et plasticien. Etudes scientifiques et philosophiques.

 

Yedwart Ingey

     Comédien, dramaturge et auteur. Il a travaillé sous la direction d’Alain Bézu, de Stéphane Braunschweig, de Charles Tordjman et de René Loyon. Il a écrit des dramaturgies pour Charles Tordjman. Il est l’auteur de plusieurs textes, dont Chartres sous une pluie d’automne (Laffont-Seghers, 1989), Prix  de la Meilleure Nouvelle de langue française en 1988, Le ciel ressemble au ciel (Production, et diffusion : Radio-France Internationale, 1990), La cérémonie des hommages (Prix Villa Médicis hors-les-murs, 1992) et La Fille aux rubans bleus (Avant-Scène).Il sera prochainement à l’affiche au Théâtre du Lucernaire du 31 octobre 2012 au 2 février 2013 dans Pour un oui, pour un non de Nathalie Sarraute. Etudes de philosophie.

      * La compagnie du groupetto
         18, boulevard du Jeu de Paume, 34000 Montpellier
         Tel. et Fax : 04.67.06.90.87 ou 06.16.28.67.19

Jean-Claude Monod, philosophe,  ancien élève de l’ENS, est chargé de recherches au CNRS et professeur à l’ENS-Ulm. Il est membre du comité de rédaction de la revue Esprit. Ses travaux portent principalement sur la philosophie allemande post-hégélienne, en particulier sur la question des rapports entre politique et religion(s) et les interprétations de la modernité.

Ses principaux ouvrages :

- Foucault. La police des conduites (Michalon, 1997)

- La Querelle de la sécularisation.  De Hegel à Blumenberg (Vrin, 2002)

  -    Penser l’ennemi, affronter l’exception. Réflexions critiques sur l’actualité de Carl Schmitt (La Découverte,       2006) 

  -     Hans Blumenberg (Belin, 2007)

-     Sécularisation et laïcité (PUF, 2007)

-     Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? (Seuil, 2012)

 

Argument de sa conférence :

   

    La "lutte pour la reconnaissance" a été pensée par Hegel (1770-1831) comme le moteur même de l'histoire, les individus tentant de faire reconnaître à la fois leur égalité à tout autre et leur singularité. Mais cette lutte est produite et produit en même temps des relations de domination dont la figure typique, chez Hegel, est le rapport, appelé à se transformer historiquement, du maître et de l'esclave. Après en avoir rappelé les lectures et prolongements "classiques" (de Marx à Kojève [1902-1968]), on voudrait ici étudier quelques réactivations, dans la philosophie contemporaine, de ces schémas hégéliens, mobilisés pour penser de récents mouvements sociaux émanant d'une expérience du "mépris" social (Axel Honneth) ou "compliqués" pour prendre en compte les "sujets de désir" et les ambiguïtés de la reconnaissance des "identités sexuelles" (Judith Butler). Où passe la limite entre "politiques de la reconnaissance" et "idéologies de la reconnaissance"?

Bruce Bégout est Maître de conférences à l’Université de Bordeaux III. Philosophe spécialiste de Husserl, il se consacre à l’exploration du monde urbain, des lieux communs et à l’analyse du quotidien.

 

Ses principaux ouvrages :

 

1.   chez Allia : Zéropolis. L’Expérience de Las Vegas (2002), Lieu commun. Le motel américain (2003), La Découverte du quotidien (2005), De la décence ordinaire (2008), Le ParK, roman (2010),

2. aux Editions de la Transparence, Recherches phénoménologiques : Tome 1 : L’Enfance du monde (2007) ; Tome 2 : Le Phénomène et son ombre (2008).

        Il a également traduit chez Allia : L’Etranger d'Alfred Schütz (1998) et  Propos de table de  Samuel Taylor Coleridge (2011).

 

Argument de sa conférence :

    Il s’agira dans cette intervention de proposer un renouveau de la philosophie de l’existence de la première partie du XXème siècle (Jaspers, Heidegger, Sartre), mais réorientée vers les situations moyennes de cette existence. A la différence de l’existentialisme classique qui part de situations limites, voire extrêmes et bâtit une anthropologie de l’exception, on avancera  une théorie de l’existence quotidienne qui tentera d’éclairer le clair-obscur de la vie courante et moyenne.

de la reconnaissance"?

Christian Godin est maître de conférences de philosophie à l'Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand et  rédacteur en chef de la revue Cités, éditée aux PUF.

 

Ses principaux ouvrages :

- La Totalité, encyclopédie philosophique en 7 volumes (champ vallon, 1997-2003),

- faut-il réhabiliter l’utopie ? (Éditions pleins Feux, 2000),

- Négationnisme et totalitarisme (Éditions pleins Feux, 2000),

- Au bazar du vivant, dialogue avec Jacques Testart (Seuil, 2001),

- La Fin de l’humanité (Champ Vallon, 2003), 

- Le Triomphe de la volonté (Champ Vallon, 2007),

- Le Racisme (Éditions du temps, 2008),

- Le Pain et les miettes (Klincksieck, 2010),

- La Haine de la nature (Champ Vallon, 2012),

- La Psychanalyse pour les Nuls (Éditions First, 2012).

   Il travaille actuellement à une Encyclopédie philosophique. Thèmes et notions (en 3 volumes) ainsi qu’à un triptyque consacré à l’identité, à la justice mondiale et à l’environnement.

 

Argument de sa conférence :

   Après avoir bénéficié d’un bref moment de gloire, dans les années 1960-1970, la psychanalyse a connu en France, après la mort de Jacques Lacan (1981), un reflux accéléré. Au point que l'on peut parler aujourd'hui d'un véritable refoulement de la psychanalyse. Le modèle implicite de l'individu tel qu'il est présenté aujourd'hui dans les discours et les médias dominants est celui d'un gestionnaire de sa propre existence, dont les défauts peuvent être corrigés par la pharmacie, la chirurgie et les pratiques comportementalistes. Dans ce contexte, une théorie de l'inconscient est non seulement inutile mais gênante. Or, parce qu'elle est une théorie des pulsions et de l'inconscient, la psychanalyse semble plus que jamais nécessaire pour comprendre ce que nous sommes en train de devenir.

Bruno Karsenti est Directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Il travaille sur les modes d’articulation des sciences sociales et de la philosophie politique, sur les figures du législateur, sur le concept de modernité et sur l’universalisme.

Ses principaux ouvrages :
- Phénoménologie et sociologie (ouvrage dirigé et présenté avec Jocelyn Benoist, PUF, 2001),
- L’Homme total. Sociologie, anthropologie et philosophie chez Marcel Mauss (PUF, 2005 et 2011),
- La Société en personnes. Etudes durkheimiennes (Economica, 2006),
- Politique de l’esprit. Auguste Comte et la naissance de la science sociale (Hermann, 2006),
- Moïse et l’idée de peuple. La vérité historique selon Freud (Cerf, 2012),
- D'une philosophie à l'autre : Les sciences sociales et la politique des Modernes (février 2013).

- Argument de sa conférence :

   Qu'entend-on par politique moderne, et quelle place occupe le savoir sociologique dans la réalisation d'une telle politique? La sociologie est-elle une connaissance d'expert à la disposition des gouvernants, un contrepoint critique, ou un projet qui a trait, plus profondément, à l'accomplissement d'une nouvelle idée de la politique, née avec la modernité?

Les Journées Bleu Orange 2013

pour le tricentenaire de la naissance de l’auteur de Jacques le Fataliste célébreront à

Orange les 21, 22 et 23 mars

Diderot en lumière(s).

   Tenter de saisir cet homme insaisissable à travers le programme de trois journées est une gageure impossible. Notre ambition est d’explorer quelques uns des talents de cet homme du XVIIIe siècle, cet homme des Lumières, qui a manqué de quelques années la Révolution française (il est mort en 1784).

   Pendant soixante-dix ans d’une vie bien remplie, il fait feu de tout bois, touchant à tout ou presque : philosophe, mathématicien, romancier, dramaturge, essayiste, critique d’art, penseur politique.., il a encore eu le temps de mener à bien l’immense chantier de l’Encyclopédie. Ses trente-cinq volumes ont fait sa réputation et celle de tous les savants, artistes et tenants du progrès scientifique et humain.

   De son œuvre d’écrivain, la postérité a surtout retenu un récit qui demeure un plaisir de lecture, Jacques le fataliste et son maître, des dialogues moraux et philosophiques dont Le Rêve de d’Alembert, un essai iconoclaste qui froissa les théistes et l’envoya en prison, la Lettre sur les aveugles, ou encore ce dialogue pétillant, publié longtemps après sa mort, Le Neveu de Rameau.

   Nos Journées se tourneront vers des textes moins connus mais tout aussi dignes d’intérêt, à découvrir ou redécouvrir. Le Café littéraire a retenu un récit licencieux de jeunesse, son premier « roman », Les Bijoux indiscrets. Le Théâtre du Rêve Eveillé lira des extraits d’une comédie pleine de facéties et de quiproquos, Est-il bon? Est-il méchant? L’Ecran magique permettra de revoir un film de Robert Bresson, Les Dames du bois de Boulogne, qui adapte un épisode de Jacques le Fataliste, et présentera une nouvelle adaptation de La Religieuse, réalisée par Guillaume Nicloux, qui montre que l’œuvre de Diderot est encore d’actualité. Enfin une conférence de Colas Duflo sur Diderot, critique du libre arbitre ouvrira des perspectives sur la pensée vive du génial Denis.

   Ces quelques aperçus d’une œuvre titanesque d’intellectuel constitueront notre hommage à un homme et un génie qui a marqué non seulement le XVIIIe siècle, mais tous ceux à qui cette pensée assez inclassable et toujours en mouvement a ouvert et ouvre encore des horizons nouveaux. Car Diderot a moins cherché à établir des vérités immuables qu’à jouer de tous les paradoxes pour combattre avec audace les erreurs de l’obscurantisme et des dogmes, sans cesse renaissants.

Laurent Mucchielli est sociologue, directeur de recherche au CNRS (Laboratoire méditerranéen de sociologie). Il travaille sur l’histoire et l’épistémologie des sciences sociales et, depuis  les années 2000, sur les questions de sécurité.

Parmi ses ouvrages les plus récents :

 

- Violences et insécurité. Fantasmes et réalités dans le débat français (La Découverte, 2001)

- Quand les banlieues brûlent… Retour sur les émeutes de novembre 2005 (La Découverte, 2005)

- La Frénésie sécuritaire. Retour à l’ordre et nouveau contrôle social (La Découverte, 2009)

- La Violence des jeunes en question, avec Véronique Le Goaziou (Champ social, 2009)

- Etats d’émeutes, Etat d’exception : retour à la question centrale des périphéries, avec Jean-Louis Olive et David Giband, (Presses Universitaires de perpignan, 2010)

- L’invention de la violence. Des peurs, des chiffres et des faits (Fayard, 2011)

 

Argument de sa conférence :

   A en croire le discours ambiant, nous vivons dans une société très violente. Instrumentalisée par les discours politiques, entretenue par le traitement médiatique des faits divers, l’émotion emporte tout sur son passage. De l’insulte au meurtre, tout est appelé « violence ». Le sentiment d’insécurité grandit et, obnubilés par la peur, nous sommes séduits par le vieux refrain du « c’était mieux avant ».

Or les chiffres et les faits sont là : la fameuse « explosion de la violence » est un mythe. Mais si notre société est globalement moins violente qu’autrefois, d’où viennent ces sentiments envahissants d’insécurité et d’impuissance face aux actes délinquants ? Qu’est-ce que ces actes et ces sentiments disent de notre « vivre ensemble » ?

Philippe van Parijs est Professeur ordinaire à la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques de l'Université catholique de Louvain, où il anime la Chaire Hoover d'éthique économique et sociale. Il a occupé des postes de visiteur dans un nombre considérable d’instituts, universités et académies d’une bonne douzaine de pays sur tous les continents.  Il a reçu en 2001 le prix Francqui pour l’ensemble de son œuvre.

 

Ses principaux ouvrages en langue française :

- Qu’est-ce qu’une société juste ? (Seuil, 1991)

- Refonder la solidarité (Cerf, 1996)

- Ethique économique et social (avec Christian Arnsperger, La Découverte, 2000, rééd. Casbah éditions, 2004)

- L’Allocation universelle (avec Yannick Vanderborght, La Découverte, 2005)

 

Argument de sa conférence :    

   Bientôt 500 ans après la publication à Louvain de L'Utopie de Thomas More, nous avons plus que jamais besoin de pensée utopique. Pour résoudre les problèmes inédits auxquels nous sommes confrontés, nous avons besoin d'imaginer des pratiques et des institutions sans précédent mais aussi de les soumettre sans complaisance à une discussion critique multidisciplinaire. L'exposé défendra et illustrera cette pensée utopique à la lumière de deux exemples principaux: l'introduction d'un revenu inconditionnel ou allocation universelle et la destinée de l'Union européenne.

Les conférences en détail 2012-2013