Les conférences en détail 2018-2019

Le détail  des conférences— débats organisées par AGORA à ORANGE depuis 1989

AGORA         16, rue reine wilhelmine 84100 ORANGE

Téléphone : 04 90 51 71 18
Messagerie : 
AGORANGE2@wanadoo.FR

Pour nous contacter : AssOcIation AGORA

 Dans les démocraties avancées, le sentiment est largement partagé que la politique est devenue le domaine réservé d’un milieu de professionnels qui en a fait son métier, en écartant les citoyen.ne.s de la délibération et de la décision en matière d’affaires publiques. Ce sentiment alimente un paradoxe : on affiche la volonté de renouer le lien entre dirigeants et citoyen.ne.s (par la participation, la délibération ou la transparence) tout en entretenant la conviction qu’accroître leur pouvoir est une démarche irréaliste, néfaste voire dangereuse.

Au cœur de ce paradoxe se trouve un doute : les citoyen.ne.s ordinaires disposent-ils vraiment de la capacité politique nécessaire pour se voir confier  la responsabilité des décisions qui engagent l’avenir et le destin de la collectivité ? Jouant de ce scepticisme, la pensée de l’antidémocratie défend l’idée selon laquelle la compétence des administrateurs et des gestionnaires de la chose publique est supérieure à celle des gens ordinaires et justifie le pouvoir qu’exercent ceux et celles qui se sentent destiné.e.s à diriger sur ceux et celles qui sont voué.e.s à vivre une vie d’assujettis.

Ce sont les différentes manières dont cette pensée se manifeste que la conférence cherche à identifier pour en faire la critique.

Sociologue, Albert Ogien est directeur de recherches émérite au CNRS et directeur de l’Institut Marcel Mauss de l’EHESS. Ses travaux portent aujourd’hui sur trois thèmes : l’extension et les effets du phénomène gestionnaire dans l’organisation de l’activité de gouvernement et dans la définition de l’action publique ; l’analyse des mouvements de protestation politique extra-institutionnelle (rassemblements et occupations de places, contestations des pouvoirs, mobilisations transnationales, insurrections civiles, activisme informatique, désobéissance civile, création de nouveaux partis) qui se développent actuellement ; le développement d’une démarche de sociologie analytique, qui exige un travail théorique  et une réflexion méthodologique.

 

Quelques publications récentes :

2017 : avec Sandra Laugier, Antidémocratie, La Découverte.

2014 : avec Sandra Laugier, Le Principe démocratie. Enquête sur les nouvelles formes du politique, La Découverte.

2013 : Désacraliser le chiffre dans l’évaluation du secteur public, Quae

2012 : Sociologie de la déviance, PUF

2011 : avec Sandra Laugier, La désobéissance civile, La Documentation française

avec  Sandra Laugier, Pourquoi désobéir en démocratie ? La Découverte, 2010 (nouvelle édition en poche, 2011)

2009 : Les formes sociales de la pensée. La sociologie après Wittgenstein, Armand Colin

Pascale Gillot, ancienne élève de l’ENS, est maîtresse de conférences au département de philosophie de l’Université François Rabelais de Tours. Ses travaux portent sur les modèles de l’esprit et de la subjectivité, de la philosophie moderne à la philosophie contemporaine

 

Elle a publié notamment :

 en 2016 :

avec Daniele Lorenzini  (éd.), Foucault/Wittgenstein : subjectivité, politique, CNRS Editions

 

en 2009  :

Althusser et la psychanalyse, PUF

avec Pierre Cassou-Noguès (éd.), Le Concept, le sujet et la science : Cavaillès, Canguilhem et Foucault, Vrin

 

en 2007 :

L’Esprit : figures classiques et contemporaines, CNRS Editions

 

Argument de sa conférence :

 « Aujourd’hui est massivement à l’œuvre dans les neurosciences et leurs dérivés un schème naturaliste, selon lequel l’ensemble des phénomènes, non seulement mentaux, mais aussi symboliques, historiques et sociaux pourraient être expliqués dans les termes des sciences de la nature, disciplines censées être les modèles de toute scientificité.


   Sous le chef des
neurosciences ce naturalisme est au principe d’un très grand nombre de recherches, qui engagent toutes le préfixe « neuro- » : neuro-psychologie, neuro-économie, neuro-droit, neuro-éthique, neuro-sociologie, neuro-esthétique, neuro-psychanalyse, neuro-éducation, etc. En réduisant les phénomènes humains-sociaux-historiques à des phénomènes naturels, ces recherches occultent les déterminismes collectifs et invalident par là même la partition entre l’historique et le naturel qui, dans la seconde moitié du 20ème siècle, irrigua une large part des sciences humaines dans leur opposition à toute entreprise de « naturalisation » du champ social et politique. »