Les conférences en détail 2018-2019

Le détail  des conférences— débats organisées par AGORA à ORANGE depuis 1989

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 Dans les démocraties avancées, le sentiment est largement partagé que la politique est devenue le domaine réservé d’un milieu de professionnels qui en a fait son métier, en écartant les citoyen.ne.s de la délibération et de la décision en matière d’affaires publiques. Ce sentiment alimente un paradoxe : on affiche la volonté de renouer le lien entre dirigeants et citoyen.ne.s (par la participation, la délibération ou la transparence) tout en entretenant la conviction qu’accroître leur pouvoir est une démarche irréaliste, néfaste voire dangereuse.

Au cœur de ce paradoxe se trouve un doute : les citoyen.ne.s ordinaires disposent-ils vraiment de la capacité politique nécessaire pour se voir confier  la responsabilité des décisions qui engagent l’avenir et le destin de la collectivité ? Jouant de ce scepticisme, la pensée de l’antidémocratie défend l’idée selon laquelle la compétence des administrateurs et des gestionnaires de la chose publique est supérieure à celle des gens ordinaires et justifie le pouvoir qu’exercent ceux et celles qui se sentent destiné.e.s à diriger sur ceux et celles qui sont voué.e.s à vivre une vie d’assujettis.

Ce sont les différentes manières dont cette pensée se manifeste que la conférence cherche à identifier pour en faire la critique.

Sociologue, Albert Ogien est directeur de recherches émérite au CNRS et directeur de l’Institut Marcel Mauss de l’EHESS. Ses travaux portent aujourd’hui sur trois thèmes : l’extension et les effets du phénomène gestionnaire dans l’organisation de l’activité de gouvernement et dans la définition de l’action publique ; l’analyse des mouvements de protestation politique extra-institutionnelle (rassemblements et occupations de places, contestations des pouvoirs, mobilisations transnationales, insurrections civiles, activisme informatique, désobéissance civile, création de nouveaux partis) qui se développent actuellement ; le développement d’une démarche de sociologie analytique, qui exige un travail théorique  et une réflexion méthodologique.

 

Quelques publications récentes :

2017 : avec Sandra Laugier, Antidémocratie, La Découverte.

2014 : avec Sandra Laugier, Le Principe démocratie. Enquête sur les nouvelles formes du politique, La Découverte.

2013 : Désacraliser le chiffre dans l’évaluation du secteur public, Quae

2012 : Sociologie de la déviance, PUF

2011 : avec Sandra Laugier, La désobéissance civile, La Documentation française

avec  Sandra Laugier, Pourquoi désobéir en démocratie ? La Découverte, 2010 (nouvelle édition en poche, 2011)

2009 : Les formes sociales de la pensée. La sociologie après Wittgenstein, Armand Colin

Pascale Gillot, ancienne élève de l’ENS, est maîtresse de conférences au département de philosophie de l’Université François Rabelais de Tours. Ses travaux portent sur les modèles de l’esprit et de la subjectivité, de la philosophie moderne à la philosophie contemporaine

 

Elle a publié notamment :

 en 2016 :

avec Daniele Lorenzini  (éd.), Foucault/Wittgenstein : subjectivité, politique, CNRS Editions

 

en 2009  :

Althusser et la psychanalyse, PUF

avec Pierre Cassou-Noguès (éd.), Le Concept, le sujet et la science : Cavaillès, Canguilhem et Foucault, Vrin

 

en 2007 :

L’Esprit : figures classiques et contemporaines, CNRS Editions

 

Argument de sa conférence :

 « Aujourd’hui est massivement à l’œuvre dans les neurosciences et leurs dérivés un schème naturaliste, selon lequel l’ensemble des phénomènes, non seulement mentaux, mais aussi symboliques, historiques et sociaux pourraient être expliqués dans les termes des sciences de la nature, disciplines censées être les modèles de toute scientificité.


   Sous le chef des
neurosciences ce naturalisme est au principe d’un très grand nombre de recherches, qui engagent toutes le préfixe « neuro- » : neuro-psychologie, neuro-économie, neuro-droit, neuro-éthique, neuro-sociologie, neuro-esthétique, neuro-psychanalyse, neuro-éducation, etc. En réduisant les phénomènes humains-sociaux-historiques à des phénomènes naturels, ces recherches occultent les déterminismes collectifs et invalident par là même la partition entre l’historique et le naturel qui, dans la seconde moitié du 20ème siècle, irrigua une large part des sciences humaines dans leur opposition à toute entreprise de « naturalisation » du champ social et politique. »

Tractatus philo-comicus

de et avec Yves Cusset

sous le regard d’Emmanuel Lortet et Bernard Leboeuf

 

Une conférence « gesticulée » adaptée du livre Rire d’Yves Cusset, paru chez Flammarion et largement salué par la presse à sa sortie en 2016. S’il est rare que les philosophes qui nous parlent du plaisir parviennent à nous faire jouir, les propos pourtant philosophiques d’Yves Cusset sur les diverses formes de l’hilarité ne manquent pas de nous faire rire. Un parcours réellement humoristique à travers l’humour et le rire !

 

« Cusset fait rire par sa pertinence et son impertinence, son ton totalement irrespectueux et (auto)moqueur, son brio, son écriture débridée et déridée » Libération

 

« Ce qu’avait oublié le grand Bergson, Yves Cusset y a pensé : faire rire en écrivant sur le rire » Le Canard enchaîné

 

« De Démocrite à Bergson, en passant par Mozart, cette partition se joue entre l’hilarité et l’allégresse. Enfin une rigolothérapie intelligente ! » Psychologies Magazine

 

Yves Cusset, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, est philosophe et humoriste. Il a publié notamment Habermas, l’espoir de la discussion (Michalon, 2001), Philosophies pour notre temps (Odile Jacob, 2005), La Philosophie enseignée à ma chouette (Max Milo, 2008), Prendre sa part de la misère du monde. Pour une philosophie politique de l’accueil (Ed. de la Transparence, 2010), La Vie rêvée des philosophes (François Bourin, 2012), Socrate de Montceau-les-Mines , roman (François Bourin, 2014), Réflexions sur l’accueil et le droit d’asile (François Bourin , 2016), Rire. Tractatus philo-comicus ((Flammarion, 2016), Cent façon de ne pas accueillir un migrant (Ed. du Rocher, 2018).

Gérard Bras est philosophe. Il a enseigné successivement aux lycées du Havre, de Reims et du Raincy. Professeur honoraire en classes préparatoires aux grandes écoles, il travaille depuis sa fondation en 1997 au Groupe d'Étude du Matérialisme Rationnel (GEMR). Il a présidé récemment l'Université populaire des Hauts-de-Seine. Ses travaux portent sur Spinoza, l'esthétique et la philosophie sociale et politique.

Publications récentes :

·     Pascal et Spinoza. Pensées du contraste : de la géométrie du hasard à la nécessité de la liberté, dir., avec Laurent Bove et Éric Méchoulan (éd. Amsterdam, 2007) ;

·     Les ambiguïtés du peuple (éd. Pleins Feux, 2008) ;

·     Claudie Laks, le vouloir ivre de la couleur, avec Patrick Grainville et Thierry Dufrêne (Somogy Editions d’Art, 2013) ;

·     Les voies du peuple. Eléments d'une histoire conceptuelle (éd. Amsterdam, 2018) ;

·     La fabrique des transclasses, avec Chantal Jaquet (PUF, 2018).

 

 Argument de sa conférence :

Le nom de peuple est des plus répandus dans le langage politique. En bien, quand il est associé à démocratie. En mal, quand il se conjugue avec démagogie ou populisme. Manière de reconnaître que le peuple n’existe pas en soi, comme quelque chose d’immuable à travers le temps. Ou, ce qui revient au même, qu’il y a plusieurs manières d’être peuple : pensons au fascisme, au nationalisme ou au peuple de la Révolution et de la Commune. Pensons aussi à l’ambiguïté essentielle entre le peuple social (les « classes populaires ») et le peuple politique ou national. Qu’entend-on par peuple ? Le tout ou la partie d’une population ? Les deux ! Pourquoi ? Et comment faire peuple ? L’histoire expose plusieurs voies qui, parfois se croisent, souvent divergent ou se contredisent. Que faire avec ce concept impur ?  Peut-il être le nom de l’émancipation ?

Ludivine Bantigny, ancienne élève de l’Ecole normale supérieure (Ulm) est Maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Rouen et chercheuse associée au Centre d’Histoire de Sciences Po Paris.

Quelques publications récentes :

Révolution (Anamosa, à paraître en mars 2019)

L’œuvre du temps. Mémoire, histoire, engagement (Ed. de la Sorbonne, 2019)

1968. De grands soirs en petits matins (Seuil, 2018)

Codir. avec Jenny Raflik et Jean Vigreux, La société française de 1945 à nos jours (La Doc. Fçaise, 2015)

La France à l’heure du monde. De 1981 à nos jours (Seuil, 2013)

Codir. avec Arnaud Baubérot : Hériter en politique. Filiations, générations et transmission politique (Allemagne – France – Italie XIXème-XXIème s (PUF, 2011)

Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France XIXème-XIXème s. (PUF, 2009)

 Argument de sa conférence :

: « L’événement 1968 est pétri de projets et d’inventivité, par tout ce qui a été imaginé de grand et de petit pour réellement « changer la vie » – on n’oubliera pas que ces mots étaient de Rimbaud. Faut-il parler de révolution ? L’espérance révolutionnaire irrigue en tout cas la grève avec occupations en bien des lieux, comités de quartier et comités d’action, rassemblements et assemblées. Les projets d’émancipation conçus à la faveur de ce temps en suspens expriment la société telle qu’elle est et proposent l’esquisse d’un monde différent : parfois avec humilité, par les visées modestes d’une réforme quotidienne ; parfois avec exaltation, dans l’ambition et la passion révolutionnaires. Il importe d’y voir des utopies concrètes, lieux de pratique et de pensée perçus comme différents mais possibles, accessibles et non pas lunaires, toujours évoqués en partant du présent. Le rêve et la grève s’avèrent complémentaires ; ils activent une créativité politique et critique. »