Les conférences en détail 2017-2018

Le détail  des conférences— débats organisées par AGORA à ORANGE depuis 1989

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   Le terrorisme et son obsession médiatique font écran, nous empêchant de penser l'essentiel : le face à face décisif, en ce début de millénaire, entre une violence systémique inédite, largement invisible et sans recours, et une violence subjective aux formes nouvelles, et aux catharsis mal contrôlées. Derrière l'écran, on trouvera donc le capitalisme radicalisé, ses guerres totales, les désarrois de tous, l'injustice des structures, l'effacement des minorités, les tragédies de la migration. Vaste programme.

 

   Editeur, traducteur, chercheur en histoire intellectuelle et politique, chroniqueur et essayiste en histoire des idées, François Cusset est professeur d'études américaines à l'Université de Paris Ouest Nanterre. Il a vécu dix ans à New York, où il a notamment dirigé le Bureau du Livre Français. Parmi ses principales publications : « Queer Critics: la littérature française déshabillée par ses homo-lecteurs »(PUF, 2002), « French Theory: Foucault, Derrida, Deleuze & Cie et les mutations de la vie intellectuelle aux Etats-Unis » (La Découverte, 2003, traduit en dix langues), « La Décennie: le grand cauchemar des années 1980 » (La Découverte, 2006) , « Contre-discours de Mai. Ce qu’embaumeurs et fossoyeurs de 68 ne disent pas à ses héritiers » (Actes Sud, 2008), « À l’abri du déclin du monde », roman (POL, 2012), « Une histoire (critique) des années 90 »(dir. ; La Découverte, 2014), « Les Jours et les jours », roman (POL, 2015)

   Véronique Le Ru, maîtresse de conférences en philosophie à l’université de Reims, est spécialiste de l’âge classique et de philosophie des sciences.

Ses principales publications :

Jean Le Rond d’Alembert philosophe (Vrin, 1994)

La crise de la substance et de la causalité. Des petits écarts cartésiens au grand écart occasionaliste (CNRS éd. 2003)

Voltaire newtonien (Vuibert-Adapt, 2005)

Subversives Lumières : l’Encyclopédie comme machine de guerre (CNRS éd. 2007)

La Vieillesse. De quoi avons-nous peur? (Larousse, 2008)

La Science et Dieu. Entre croire et savoir (Vuibert-Adapt, 2010)

Le Temps, la plus commune des fictions (PUF, 2012)

L’Individu dans le monde du vivant (Mimesis, 2016)

Argument de sa conférence :

« Cette conférence nous invitera à entrer dans une salle d’attente où sont disposés trois fauteuils : le fauteuil cartésien, qui offre ses bras à l’être humain conçu comme union de la pensée et du corps ; le fauteuil essentialiste qui offre ses bras à l’être humain présenté comme une entité, certes prise dans un devenir, dans un vieillissement, mais posée en majesté comme l’être ; enfin le fauteuil, où l’on questionne ce qui se tisse entre la pensée et le corps de la personne qui vieillit, fauteuil si bancal qu’on évite la plupart du temps de s’y installer. C’est pourtant dans ce siège inconfortable que se noue tout le sens affectif et intellectuel de la vie individuelle et de l’histoire du moi. »

Elise Pampanay est professeure agrégée de lettres classiques au lycée de l’Arc d’Orange. Ancienne élève de l’ENS de Lyon, elle est doctorante en histoire antique à l’Université Lumière Lyon 2 (thèse en préparation sur les Représentations imagières et énonciatives des femmes en Grèce antique). Elle est trésorière de l’association Antiquipop, qui étudie les références à l’Antiquité dans la culture populaire contemporaine.

 

Elle va publier et a publié notamment :

Divinités ou personnifications ? L’exemple de deux en-têtes de traités d’alliance athéniens, revue Kentron, volume 33, à paraître courant novembre 2017

Des femmes à part : symboles de frontalité dans les représentations de femmes de pouvoir sur les monuments funéraires d’époque hellénistique., à paraître courant 2018 dans les actes du colloque « La féminité dans les arts hellénistiques : voix, genre, représentations ».

 

Plusieurs articles sur le blog hypothèses en ligne d’Antiquipop dont  Invictus/Olympéa : quand les publicités de Paco Rabanne ont un parfum d’Antique » et « Ferrero Rocher : un cadeau de l’Olympe 

 

Argument de sa conférence :

« Sans que l’on en ait toujours conscience, l’Antiquité est omniprésente dans notre culture visuelle, qu’il s’agisse des péplums, des jeux vidéo, de la BD ou de la publicité. Or, justement, les publicités des années 2000 et 2010 font une large place aux mondes antiques. S’il s’agit la plupart du temps de clins d’œil mythologiques ou historiques, l’Antiquité gréco-romaine est parfois au cœur du scénario, comme récemment avec les publicités Pepsi ou Orangina. De plus, on ne compte plus le nombre de parfums représentant la plastique parfaite de demi-dieux. Il s’agira précisément de s’intéresser à cette représentation des corps, qui va directement puiser dans une esthétique et une philosophie de vie propres à l’Antiquité, telles que le célèbre mens sana in corpore sano. »

Marielle Macé est directrice de recherche au CNRS, enseigne la littérature française et la pensée littéraire à l’EHESS et à l’ENS. Ses recherches ont porté successivement sur le genre de l’essai, sur la mémoire littéraire, sur les conduites de lecture et l’expérience esthétique, et sur un renouveau de la pensée du « style », élargie du domaine de l’art à la qualification de la vie et de ses formes, et aux valeurs qui s'y affrontent. Au carrefour de la littérature moderne et des sciences sociales (philosophie, esthétique, sociologie, anthropologie), elle élabore désormais une stylistique critique de l’existence en consacrant des travaux à la question de la colère, aux vies précaires, à l'engagement documentaire, et aux politiques de l'hospitalité.

 

Elle est notamment l’auteure de : Sidérer, considérer. Migrants en France 2017 (Verdier, 2017), Styles. Une critique de nos formes de vie (Gallimard, 2016), Façons de lire, manières d’être (Gallimard, 2011), Le Temps de l’essai (Belin, 2006).

 

«Une guerre des « nous » - nous et pas vous, nous et pas eux : c'est ainsi que s'énonce souvent aujourd'hui la question politique. Mais que dit-on lorsque l'on dit « nous » ?  Il s'agit moins de savoir « qui » est « nous » (qui sont ces « nous », qui est dedans, qui est dehors), que de se demander ce qui nous rassemble et ce qui nous divise, d'observer ce qui favorise la formation de sujets collectifs ou au contraire ce qui saccage cette formation : autrement dit, de se demander non pas de quelles identités, mais de quels liens, de quelle intensité de liens nous sommes capables.»

Isabelle Queval, ancienne sportive de haut niveau et professeure diplômée d’État de tennis, est maîtresse de conférences en Sciences de l’éducation à l’Université de Paris 5. Ses travaux portent sur l’anthropologie culturelle des pratiques corporelles et de la santé, et sur l’épistémologie des modèles éducatifs et techniques du corps (perfectibilité, bien-être et performance).

         Ses principaux ouvrages :

S’accomplir ou se dépasser, essai sur le sport contemporain (Gallimard, 2004) 

Le corps aujourd’hui (Gallimard, Folio Essais, 2008)

Le sport - Petit abécédaire philosophique (Larousse, 2009) 

Philosophie de l’effort (éd. Cécile Defaut, 2016) 

Du souci de soi au corps augmenté. Essai sur le corps entraîné, dopé, appareillé (Presse des Mines, 2016)

          Argument de sa conférence :

   « Comment penser l’effort aujourd’hui ? Le thème peut sembler banal, parce que, depuis toujours, nous sommes enjoints à « faire des efforts », dans des domaines très variés de l’existence et que le thème revient régulièrement dans l’actualité, lorsqu’il s’agit de déplorer le « manque d’efforts » des « jeunes générations » ou la perte du « goût de l’effort », à l’école notamment. Ainsi, l’effort serait requis partout, et pourtant perdu. Mais de quoi parle-t-on :  de l’effort physique, démonstratif, ou de l’effort intellectuel, intériorisé ? L’effort permettrait le progrès. Oui, mais lequel ? À quel prix, à quelles fins ? Faut-il nécessairement se dépasser, « s’arracher », pour être heureux ? À qui profite donc l’effort ? »

Virginie Spies, maîtresse de conférences à l’université d’Avignon, est sémiologue des médias et travaille actuellement sur la télévision et les réseaux sociaux. Auteur et metteur en scène de théâtre (Une télé presque parfaite jouée au festival d’Avignon en 2016 et 2017 à la bibliothèque Ceccano), elle  est aussi co-auteur avec Guillaume Hidrot de la chaîne Youtube Des médias presque parfaits.

Ses principaux ouvrages :
La télévision dans le miroir, Théorie, histoire et analyse des émissions réflexives (L’Harmattan, 2004) Télévision, presse people : les marchands de bonheur (INA – De Boeck, 2008). 

      Argument de sa conférence :

  Quel que soit notre âge ou notre niveau d’études nous avons tous affaire aux médias numériques : qu’il s’agisse de regarder des vidéos sur Internet, de retrouver ses amis sur Facebook, Instagram ou de s’informer via Twitter, le numérique fait partie de nos vies. Il y a désormais une urgence : l’éducation aux médias numériques pour tous. Cette conférence se propose d’évoquer les pistes et solutions pour que chacun puisse s’emparer de ce projet. En réfléchissant à la manière dont cette éducation aux médias numériques peut être pensée pour être adaptée à chacun, en se posant la question du lien entre pratique et théorie, la question de l’éducation aux médias est d’abord celle de la citoyenneté et du vivre ensemble.”


Chantal Mouffe est une philosophe politique, professeure au département de sciences politiques et des relations internationales de l'université de Westminster, à Londres.  Sa réflexion s'articule principalement autour de l'idée de démocratie radicale, et des concepts de démocratie plurielle et de pluralisme agonistique.

        Ses principaux ouvrages :

Hégémonie et stratégie socialiste : Vers une démocratie radicale (avec Ernesto Laclau ; Les Solitaires Intempestifs, 2009) 

Agonistique : Penser politiquement le monde (Beaux-Arts de Paris éditions, 2014) 

 Le Paradoxe démocratique ( Beaux-Arts de Paris éditions, 2016) 

 L'Illusion du consensus  (Albin Michel, 2016) 

 Construire un peuple, pour une radicalisation de la démocratie (avec  Iñigo Errejon ; Le Cerf, 2017)

          Argument de sa conférence :

« Dans cette conférence on examinera les raisons pour lesquelles nous assistons aujourd'hui à un « moment populiste » avec l'émergence de mouvements qui construisent la frontière politique sous le mode d'une opposition entre « le peuple » et « l'establishment ». On défendra l'idée qu'il s'agit d'une forme de résistance à la « post-démocratie », qui est la conséquence de l'hégémonie néo-libérale. Ces résistances peuvent être articulées à travers des vocabulaires très différents et c'est là que se situe la différence entre le populisme de droite et le populisme de gauche

Marc Lebiez, philosophe et helléniste, a terminé sa carrière comme Conseiller hors-classe au Sénat (chargé de la rédaction et de la publication des débats parlementaires de la Haute assemblée).. Il a collaboré à La Quinzaine littéraire, il collabore aux revues En attendant Nadeau, Les Temps Modernes et Critique. Il s'intéresse, notamment à l'école gnostique des premiers temps du christianisme et au néoplatonisme.

Il a publié, notamment :

· Éloge d’un philosophe resté païen. Proclos (412-485)  (L’Harmattan, dernière éd. 2000)

· Le Congrès de Bologne, roman (L’Harmattan, dernière éd. 2003),

· Décadence et Modernité, Tome 1 : Homère (L’Harmattan, 2003), Tome 2 : Les Premiers temps modernes (Kimé, 2008),

· Œdipe athée. Les hommes abandonnés par les dieux. (L’Harmattan, 2016),

· Le Culte du nouveau. La gnose dans la modernité (Kimé, 2017).

« Dans le domaine des techniques, le progrès est incontestable et constant car on ne cesse de corriger les insuffisances constatées. La question est de savoir dans quelle mesure la certitude de toujours progresser peut s'appliquer à d'autres domaines. En partie à cause de la fascination exercée par les progrès techniques, notre époque en est venue à faire de l'innovation un des traits caractéristiques de la modernité. Moderne et nouveau sont sentis comme synonymes. Or une réflexion sur l'histoire de la pensée occidentale amène à disjoindre ces deux concepts : ce n'est pas toujours en recherchant la nouveauté à tout prix que l'on a accompli les avancées les plus décisives. A preuve les bien nommés "Temps modernes". »

 Judith Revel est professeure de philosophie contemporaine à l'université de Paris-Nanterre, et membre du laboratoire Sophiapol (Philosophie, anthropologie et sociologie du politique). Elle s'intéresse aux  représentations du politique et de l'histoire et travaille essentiellement sur des auteurs français et italiens postérieurs à 1945 pour comprendre de quelle manière certaines catégories politiques de la modernité sont susceptibles d'être reformulées à la hauteur de notre présent.  

Ses   dernières publications :  

•  Dictionnaire Foucault (Ellipses, 2007)

•  Michel Foucault. Une pensée du discontinu (Fayard / Mille et une nuits, 2010) 

• Dictionnaire politique à l'usage des gouvernés  (avec Guillaume le Blanc, Fabienne Brugère et  alii, Bayard, 2012)  

•  Foucault avec Merleau-Ponty. Ontologie politique, présentisme et histoire (Vrin, 2015).   

 

 Argument de sa conférence : 

  Au milieu des années 1970, le philosophe Michel Foucault propose de repérer une transformation conséquente dans la rationalité de gouvernement, au tournant du XVIIIe siècle et du XIXe siècle.

Alors que l'exercice de la souveraineté se caractérisait selon lui par un pouvoir de vie et de mort sur  les sujets ("Faire mourir et laisser vivre"), le nouveau pouvoir qui émerge avec la fin de l'Ancien Régime, semble obéir à une rationalité nouvelle dont la formule pourrait au contraire être  "Faire vivre et laisser mourir". "Faire vivre et laisser mourir", affirmation de la valeur de la vie comme enjeu de gouvernement : une rationalité dans laquelle nous avions appris à nous reconnaître. 

rationalité nouvelle dont la formule pourrait au contraire être " Faire vivre et laisser mourir". "Faire vivre et laisser mourir", affirmation de la valeur de la vie comme enjeu de gouvernement : une rationalité dans laquelle nous avions appris à nous reconnaître.

   Nous faisons aujourd'hui l'hypothèse qu'une nouvelle rationalité est en train d'émerger, et qu'elle s'affirme de manière spécifique dans la gestion flux de migrants qui arrivent en Europe. Sa formulation pourrait en être :  "Ne pas faire vivre et laisser mourir". Comment expliquer cette nouvelle rationalité ? On tentera de montrer qu'elle est le fruit d'une série de modifications qui affectent profondément notre rapport à l'idée même du politique.