Les conférences en détail 2016-2017

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Isabelle Delpla est professeure de philosophie à l’Université Jean Moulin - Lyon 3 et membre de l'Institut de Recherches Philosophiques de Lyon. Ses recherches portent sur la philosophie et l’anthropologie de l’éthique et de la justice internationale, la justice d’après-guerre/justice transitionnelle en Bosnie-Herzégovine, la philosophie du langage et de l’interprétation (principe de charité), la philosophie anglo-saxonne contemporaine et la relation entre philosophie et anthropologie.

 

Ses principales publications :

La justice des gens : enquêtes dans la Bosnie des nouvelles après-guerres, P.U. de Rennes, 2014

« Un sens de la justice internationale », in Raphaëlle Nollez-Goldbach et Julie Saada (dir.), La justice pénale internationale face aux crimes de masse : approches critiques, Pédone, 2014

avec Raphaëlle Branche, Fabrice Virgili , John Horne, Pieter  Lagrou  et Daniel  Palmieri  (dir.), Viols en temps de guerre, Payot, 2011

Le mal en procès : Eichmann et les théodicées modernes, Hermann, 2011

Peines de guerre : la justice pénale internationale et l'ex-Yougoslavie, EHESS, 2011

avec Philippe de Robert (dir) : La raison corrosive : études sur la pensée critique de Pierre Bayle (H. Champion, 2003)

 Quine, Davidson : Le Principe de charité (PUF, 2001)

 

Argument de sa conférence :

« Nos approches du cosmopolitisme et d'une justice internationale sont biaisées : elles partent de l'assurance implicite que la migration est celle des autres pour un pays que nous percevons comme un lieu d'accueil ou de transit. Pourtant ne pouvons-nous pas imaginer un nouveau modèle de cosmopolitisme, bâti sur les possibles allers et retours des migrants où, sous voile d'ignorance, nous ne saurions lesquels d'entre nous sont les sédentaires ou les nomades ? »

Marion Fontaine est Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université d’Avignon et au Centre Norbert Elias (équipe « Histoire de l’Europe Moderne et Contemporaine » - HEMOC). Ses recherches portent sur l’histoire des processus de politisation dans la France contemporaine, l’histoire des mondes ouvriers européens au XXe siècle et l’histoire sociale et politique du spectacle sportif.

 Ses principales publications :

Fin d’un monde ouvrier - Liévin 74 (Editions de l’EHESS, 2014)

Le Racing Club de Lens et les « Gueules Noires ». Essai d’histoire sociale (Les Indes Savantes/ La Boutique de l’Histoire, 2010)

        Direction ou codirection d’ouvrages :

 

Histoires du socialisme ( Cahiers Jaurès, n°191, 2009)

Les débuts de la SFIO (Cahiers Jaurès, n°187-188, 2008)

Enjeux et usages d’une histoire critique de la République (Cahiers Jaurès, n°169-170, 2003)

 Argument de sa conférence :

 « La République s’est définie, depuis la Révolution française, comme un ensemble d’individus-citoyens égaux, détachés de toutes leurs identités particulières (sociales, culturelles, religieuses). En même temps, elle s’est enracinée dans une société française dont la diversité culturelle ne remonte pas à hier. Comment la République a-t-elle géré, en théorie et en pratique, ce paradoxe, entre l’abstraction rêvée et la diversité réelle ? C’est ce que l’on s’efforcera d’explorer, en en retraçant l’histoire longue, mouvementée et en même temps très éclairante pour aujourd’hui. »

François Dosse, Professeur des universités en histoire contemporaine à l’Université de Paris-Est et Maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, est spécialiste d’histoire intellectuelle.

Ses principales publications :

Histoire du structuralisme. Tome 1 : Le champ du signe, La Découverte, 1991 (rééd 2012).

Histoire du structuralisme. Tome 2 : Le chant du cygne, La Découverte, 1992 (rééd 2012)

Paul Ricœur. Les sens d'une vie, La Découverte, 1997 (éd. revue et augmentée, 2008).

Michel de Certeau. Le marcheur blessé, La Découverte, 2002.

La Marche des idées. Histoire des intellectuels, histoire intellectuelle, La Découverte, 2003.

Gilles Deleuze et Félix Guattari, biographie croisée, La Découverte, 2007.

Castoriadis. Une vie, La Découverte. 2014.

 Argument de sa conférence :

 « Cornelius Castoriadis (1922-1997) a été l’une des plus grandes figures intellectuelles et politiques du 20 siècle. Jeune résistant grec révolutionnaire menacé de mort par les staliniens, il arrive en France à l’âge de 23 ans, alors que l’engouement pour l’URSS est à son zénith. Il contribue alors à créer, avec Claude Lefort, la revue Socialisme ou Barbarie, dont la critique de gauche des régimes dits « communistes » aura une grande influence sur Mai 68.

Économiste, philosophe, psychanalyste, militant politique, Castoriadis n’a cessé, en croisant l’analyse historienne et l’approche psychanalytique, de s’attacher à penser la conquête de l’autonomie comme condition de l’approfondissement démocratique.

Retracer la biographie de Castoriadis permet enfin de lever le voile sur cette figure hors norme et trop méconnue, qui est restée marginale jusqu’au bout, malgré son élection comme directeur d’études à l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales au début des années 1980. Celui en qui Pierre Vidal-Naquet voyait un « génie », et Edgar Morin un « Titan de l’esprit », est pourtant très certainement appelé, en ces temps de grandes turbulences des souverainetés établies, à devenir l’un des penseurs-clés du 21 e siècle. »

Céline Spector, professeure à l’UFR de Philosophie de l’Université Paris-Sorbonne, est membre honoraire de l’Institut Universitaire de France. Ses travaux sont consacrés à la philosophie politique moderne et contemporaine, et à l’histoire de la philosophie du XVIIIe siècle à nos jours (les Lumières et leur héritage).

 

Ses principales publications :

Montesquieu, Les Lettres persanes. De l’anthropologie à la politique, P.U.F., 1997 

Montesquieu. Pouvoirs, richesses et sociétés, PUF, 2004 (rééd., Hermann, 2011) 

Montesquieu et l’émergence de l’économie politique, Champion, 2006

Montesquieu. Liberté, droit et histoire, Michalon, 2010

Au prisme de Rousseau. Usages politiques contemporain, Oxford, Voltaire Foundation, 2011

Rousseau. Les paradoxes de l’autonomie démocratique, Michalon, 2015.

Eloges de l’injustice. La philosophie face à la déraison, Seuil, octobre 2016.

 

 Argument de sa conférence :

 « L’interrogation sur la justice prend souvent la forme d’une provocation adressée au philosophe sur le mode d’une révolte ou d’un défi, le défi de l’immoraliste qui dénonce le caractère illusoire des normes de justice. Sans céder aux pressions du philosophe qui lui peint les merveilles d’une vie selon la vertu, il refuse de suivre les règles lorsque celles-ci s’avèrent contraires à son intérêt étroit. Sous cette forme, le défi de l’immoraliste hante la philosophie depuis Platon. Le défi est double : l’immoraliste récuse les principes de justice jugés absurdes s’ils ne respectent pas les passions dominantes ou le droit du plus fort ; il dénonce le caractère illusoire de la philosophie dès lors qu’elle prétend prouver l’obligation à être juste. Le philosophe ne pourra donc se contenter de fourbir ses armes traditionnelles et de fournir des théories abstraites, souvent paradoxales ; encore devra-t-il établir un terrain d’entente qui permettra de répondre à l’immoraliste. Comment le débat avec celui qui récuse la philosophie, son idéalisme et son angélisme, peut-il être autre chose qu’un dialogue de sourds ? »

Michel Antoni est médecin, spécialiste des maladies de l’appareil digestif, ancien interne, ancien chef de clinique, praticien hospitalier, consultant en Centre de soins en addictologie. Il est titulaire d’un Diplôme Inter-Universitaire d’éthique et pratique médicale (Faculté de Médecine de Marseille, 2004) et d’un Diplôme Universitaire  d’anthropologie de la Santé (Certificat International d’Ecologie Humaine, Université Paul Cézanne, Aix-Marseille, 2007)

Ses principales publications (en relation avec le thème de sa conférence) :

Ouvrage : Le vin compose pour eux des chants et des poèmes. De quelques écrivains, de livres et d’alcool. L’Harmattan, 2015

Mémoire : Entre Dionysos et Prohibition : le soignant face au malade alcoolique (DIU Ethique et Pratique médicale), 2005

Article : Antoine Blondin et Marguerite Duras : itineraries croisés de deux écrivains alcooliques. Le courier des Addictions, 12-1-2010

Argument de sa conférence :

   « Au-delà des idées reçues, loin d’être une littérature inspirée où le poète attend, une bouteille à la main, que la muse l’inspire, la littérature liée à l’alcool est une littérature de la pathologie de la société et de l’individu qui en dit long sur l’autre, sur la marge, la norme et la différence, sur l’homme face à lui-même enfin.  Elle nous en dit également beaucoup dans sa dimension dionysiaque sur la relation fusionnelle de l’homme à la nature, sa perception face à sa démesure et sa violence, mais aussi sur l’homme face à la société, à la cité, avec cette nécessaire provocation, cette critique libre, cette irrévérence des règles et des lois que facilite et permet l’ivresse.

   Baudelaire, dans Du vin et du haschisch s’interrogeait sur cette relation créatrice: « Quand il y aura un vrai médecin philosophe, chose qui ne se voit guère, il pourra faire une puissante étude sur le vin, une sorte de psychologie double dont le vin et l’homme composent les deux termes ». Si les nouvelles approches neurobiologiques des passions plus que la philosophie peuvent éclairer le mécanisme du vin comme psychotrope, ainsi que les phénomènes de la dépendance, elles n’éclaireront probablement pas de sitôt ce besoin inné et inassouvi chez l’homme de plaisir au prix de la souffrance, cette quête de liberté au prix de l’aliénation la plus absolue.


   A partir de quelques exemples d’écrivains ayant eu une relation pathologique avec l’alcool, sera interrogée la place de l’ivresse dans l’inspiration et la création, mais aussi sa quête pour l’individu confronté, dans une relation complexe, à son angoisse existentielle, à l’autre et à la société. »   Enfin on proposera une analyse philosophique des raisons pour lesquelles le conspirationnisme est  irrationnel  ou  faux, même  si l'enquête  rationnelle,  historique,  journalistique  ou  policière, a  permis de dévoiler  dans l'histoire récente de  nombreux complots.”

Philippe Huneman est philosophe. Directeur de recherche à l’Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences-CNRS–Paris 1–Sorbonne, il est spécialiste des débats concernant Darwin, la biologie évolutionniste et l’écologie. Il intervient parfois dans Libération et sur Slate. La réflexion épistémologique sur les théories du complot est l’un de ses sujets de prédilection.

Ses principaux ouvrages :

Bichat. La vie et la mort. PUF, 1998.

Les sciences de la nature et les sciences de l’homme. Ellipses, 2001.

Métaphysique et biologie. Kant et la constitution du concept d'organisme. Kimé, 2008

Avec T. Heams, G. Lecointre et M Silberstein (editeurs.) : Les mondes darwiniens, Syllepses, 2009. (2nde édition, Matériologiques, 2011).

Avec C. Bouton : Temps de la nature et nature du temps. CNRS éditions, 2016

 

Argument de sa conférence :

    Est-on sûr que l'homme a marché sur la Lune? Qui est derrière le 11 septembre? A qui profitent vraiment les derniers attentats commis en France et en Belgique ?  Ceux qui posent ce genre de questions tendent généralement à promouvoir ce qu'on appelle une "théorie du complot". Ils se méfient de ce qu'ils nomment « version officielle », et prétendent cultiver la vertu scientifique du doute. Ils peuvent apparaître comme de redoutables argumentateurs, forts de leur scepticisme, ou bien comme d'amusants sectateurs du complot Illuminati ou de la domination reptilienne.

   Mais qu'entend-on au juste par « théories du complot »? Et, du Watergate aux récents scandales de la NSA ou des subprimes, n'est-il pas vrai que certains événements révèlent la trace d'une réelle conspiration d'acteurs, gouvernementaux ou supranationaux ?

   Il s'agira d'abord de clarifier ce qu'il faut comprendre par les termes "théories du complot" et « conspirationnisme ». On tentera ensuite de montrer comment ce type de théories se construit et se propage, sur la base de considérations psychologiques comme sociologiques.
Enfin on proposera une analyse philosophique des raisons pour lesquelles le conspirationnisme est  irrationnel  ou  faux, même  si l'enquête  rationnelle,  historique,  journalistique  ou  policière, a  permis de dévoiler  dans l'histoire récente de  nombreux complots.”

Essayiste et chercheur, fondateur en 1994 des Rencontres d'Averroès, dont il vient de reprendre la programmation, ancien directeur du département du développement culturel et des relations internationales du Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) de Marseille et directeur du programme Méditerranée à l’Institut méditerranéen de recherches avancées (IMREA - Université d’Aix Marseille), Thierry Fabre  est  l'auteur, notamment, de Traversées et d' Eloge de la pensée de midi parus chez Actes Sud et d'une série de livres sur Les représentations de la Méditerranée parus chez Maisonneuve et Larose. Il a été rédacteur en chef de la revue La pensée de midi et Commissaire général de l'exposition inaugurale du MuCEM, en 2013 " Le Noir et le Bleu. Un rêve méditerranéen..."

 

« La Méditerranée est un monde complexe, qui ne peut plus être pensé unilatéralement selon une projection du Nord sur le Sud. Il nous faut explorer d'autres généalogies historiques et culturelles, par exemple l'histoire de la conquête européenne et de la colonisation vues depuis l'autre rive, pour mieux saisir ce qui se joue sous nos yeux dans cette Méditerranée du XXIème siècle pleine de bruit et de fureur. Mais, au-delà du désastre, il est un possible monde commun issu, par exemple, des liens noués entre Provence et Méditerranée, notamment depuis les Troubadours qui ont fait la grandeur de la culture d'Oc et qui ont été pleinement inspirés par l’héritage judéo-arabe d'al Andalus, composante à part entière de la culture européenne et méditerranéenne. »

"Penser la Méditerranée des deux rives" est le sous -titre donné aux Rencontres d'Averroès à Marseille, qui rassemblent un très large public et qui sont une invitation à définir un possible monde commun, des alliages qui traversent les frontières et dépassent les clivages, les replis et les peurs qui peuvent nous entraîner là où nous ne voulons pas aller.

Patrice Maniglier est Maître de conférences en philosophie et arts du spectacle à l’Université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense. Ses travaux portent sur la philosophie du signe, la philosophie du langage, la philosophie de la culture, la philosophie de l’art, la philosophie française du 20ème siècle et l’histoire du structuralisme. Il est membre du comité de rédaction de la revue Les Temps Modernes.

Ses principales publications :  Le Vocabulaire de Lévi-Strauss, Ellipses, 2002La Culture, Ellipses, 2003
La Vie énigmatique des signes, Saussure et la naiszsance du structuralisme, Léo Scheer, 2006
La Perspective du Diable. Figurations de l’espace et philosophie de la renaissance à Rosemary’s Baby, Actes Sud, 2010
Avec A.Badiou, T. Bénatouïl, E.During et D. Rabouin :
Matrix, machine philosophique, Ellipses, 2003
Avec Marcela Iacub :
Antimanuel d’éducation sexuelle, Bréal, 2005
Avec Dork Zabunyan :
Foucault va au cinéma, Bayard, 2011

Argument de sa conférence :

« “Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà". Cette phrase ironique de Pascal dit que la vérité doit être une et universelle. Je voudrais vous convaincre qu'on peut échapper à l'éternel débat entre universalisme et relativisme, qu'on n'est pas obligé pour croire en des valeurs fermes, d'exiger que ces valeurs soient "pour tous" et "en tous temps": la variation culturelle peut être un instrument de connaissance aussi efficace que l'observation et la démonstration. C'est du moins, à mon sens, la leçon encore à méditer que nous a léguée le plus grand anthropologue français, Claude Lévi-Strauss.»